L’institut de recherche lance un nouveau programme transdisciplinaire qui se placera « dans l’hypothèse où l’offre nationale de produits bio deviendrait majoritaire ». Il pourrait permettre « de doubler le nombre de chercheurs impliqués » sur l’agriculture biologique, a indiqué Philippe Mauguin, p.-d.g. de l’Inra.
L’Inra va créer un programme de recherche transdisciplinaire « pour explorer les conditions du développement à grande échelle du Bio », a annoncé son p.-d.g., Philippe Mauguin, lors d’une conférence le 18 septembre au salon Tech & Bio à Bourg-lès-Valence, dans la Drôme. Ce « méta-programme », selon le vocabulaire de l’Inra, se concentrera sur « l’hypothèse où l’offre nationale de produits bio deviendrait majoritaire » et visera à « étudier les enjeux, les leviers et les conséquences d’un tel changement », a précisé l’Inra dans un communiqué. « La base de notre réflexion, c’est l’accroissement continu des productions issues de l’agriculture biologique. On veut voir jusqu’où on peut aller, le méta-programme se place à un horizon plus lointain que le plan Ambition Bio » qui prévoit 15 % des surfaces agricoles utiles françaises en bio en 2022, a expliqué Françoise Médale, co-directrice du programme.
Avec cette initiative l’Inra veut notamment répondre « à une attente du monde du bio pour plus de recherches », a expliqué Philippe Mauguin, estimant que l’agriculture biologique est aujourd’hui « à un moment où l’on change d’échelle ». Les recherches de l’Inra sur le bio étaient jusqu’à maintenant organisées autour du Comité interne pour l’agriculture biologique (Ciab) et des programmes AgriBio, dont le dernier AgriBio 4 portait sur la période 2015-2019. Soixante-neuf projets de recherches auraient ainsi été financés depuis 2000, l’Inra affirmant être déjà « le premier publiant mondial sur l’agriculture biologique ». Lancés en 2011, les méta-programmes veulent eux favoriser une approche transdisciplinaire des recherches. Ce nouveau programme s’ajoutera « à la dizaine » qu’a déjà lancée l’Inra, a indiqué Philippe Mauguin. Il « pourrait permettre d’atteindre un doublement du nombre de chercheurs impliqués » sur l’agriculture biologique, a-t-il également estimé. Ceux-ci seraient aujourd’hui 300 temps pleins.
« Stimuler des hypothèses un peu osées »
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Le programme, qui devrait impliquer quatorze sites différents de l’Inra, se concentrera sur plusieurs axes de recherches allant des « ressources à mobiliser pour produire suffisamment et durablement » en bio, la « transformation, conservation et qualités des produits bio » ou la « coexistence des systèmes de production au sein de l’agriculture bio et avec les autres agricultures ». Il devrait « aller de la production à la transformation et la commercialisation », a insisté Cécile Detang-Dessendre co-directrice du programme. Il devrait également permettre de « stimuler des hypothèses un peu osées, difficilement finançables » actuellement, a assuré Françoise Médale. Voyant dans l’agriculture biologique « une des figures les plus abouties de la transition agroécologique », l’objet du programme sera aussi de montrer « comment faire le chemin » vers des « systèmes alimentaires sains et durables », a expliqué Philippe Mauguin. Avant de préciser que cette thématique sera également au cœur du futur Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui devrait fusionner à partir du 1er janvier 2020 l’Inra et l’Irstea.
« Stimuler des hypothèses un peu osées, difficilement finançables »