Une nouvelle étude, menée par l'Université d'Utrecht aux Pays-Bas, montre que l'UE pourrait facilement produire des quantités importantes de biocarburants présentant un faible risque de changement indirect d'affectation des sols. Le Parlement européen avance dans ses travaux, en seconde lecture, sur la prise en compte de ce phénomène.
Les émissions de gaz à effet de serre liées au changement indirect d'affectation des sols (Iluc) ne sont pas irréversibles, c'est un risque qui peut être atténué et même dans de nombreux cas empêché, conclut une étude menée par l'institut Copernic pour le développement durable de l'Université d'Utrecht aux Pays-Bas. Ces travaux, financés par les pouvoirs publics néerlandais, estiment que des biocarburants présentant un faible risque Iluc peuvent contribuer de manière significative aux objectifs de production d'énergie renouvelable à l'horizon 2020 avec jusqu'à 1,3% de l'énergie totale de l'UE (soit 13% des énergies renouvelables). Pour cela, l'Institut recommande de stimuler la productivité et l'efficacité des ressources dans le secteur agricole, de soutenir la production sur les terres actuellement sous-utilisées et d'exclure les terres présentant des stocks élevés de carbone et de haute valeur environnementale de la conversion à un usage agricole. Des conclusions que salue le lobby du bioéthanol à Bruxelles, ePure, dans un communiqué du 13 janvier, appelant les institutions européennes à mieux tenir compte des mesures d'atténuation du phénomène Iluc.
Le Parlement européen avance
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« Nous ne pouvons accepter que la Commission mette des bâtons dans les roues des Etats membres en limitant l'utilisation des biocarburants produits à partir de cultures agricoles », « il est inadmissible d'en limiter l'usage et de nous détourner de la science et de l'innovation », a de son côté affirmé le secrétaire général du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), Pekka Pesonen, s'exprimant à Berlin, le 16 janvier lors de la Semaine verte internationale. Il a rappelé que le Copa-Cogeca demandait une limite de 8% pour les biocarburants à base de cultures et un objectif de 2% pour les biocarburants avancés d'ici 2020. L'eurodéputé finlandais Nils Torvalds (libéraux démocrates) a présenté son projet de rapport sur la question (pour l'examen en deuxième lecture du texte) au comité de l'environnement du Parlement européen le 21 janvier. Il propose un plafond de 6% sur la première génération et un objectif de 2,5% pour les biocarburants avancés (1).
(1) Voir n° 3477-3478 du 05/01/2014