Pour sa dernière assemblée générale en tant que président de la coopération laitière (FNCL), Jean Le Vourch a mis l’accent sur « » que constitue la validation d’un nouvel accord sur le prix du lait. L’accord du 2 mars « », précise le président, mais le dialogue a repris entre les trois familles (producteurs, transformateurs coopératifs et privés).
Dernière assemblée générale et discours de clôture pour Jean Le Vourch, en tant que président de la coopération laitière (FNCL) sous les applaudissements nourris des participants : le 22 avril, l'assemblée générale de la FNCL sur la thématique de "mieux manger pour mieux vivre" s'est terminée en une standing ovation de son président Jean Le Vourch qui a passé la main après 10 années à la tête de la fédération. Son successeur pressenti est le président de Sodiaal, Gérard Budin. Le départ de celui au « parler juste» qui a mis sa présidence sous le signe du "partage", selon ses collègues, n’est pas une surprise puisqu’il était programmé depuis un an. Par contre Jean Le Vourch reste président de l’interprofession laitière jusqu’en décembre. Ce qui lui laisse le temps de réaliser avec les autres familles de la profession laitière « ce chantier prioritaire » que constitue l’aboutissement d’un accord sur le prix du lait payé aux producteurs. L’accord datant de 1997 a été dénoncé par les industriels coopératifs et privés en 2003. « L’accord (sur le prix du lait pour le 1 er semestre) du 2 mars dernier avait pour objet de permettre une trêve. Il ne satisfait personne », explique Jean Le Vourch. Alors que l’ensemble de la filière travaille avec le ministère de l’Agriculture à un plan stratégique pour le secteur laitier à remettre avant le 30 juin, le dossier du prix du lait relève exclusivement de la profession.
Le dialogue reprend
Le sujet du prix du lait est difficile mais le dialogue a repris. Pour la FNCL, il faut prendre en compte quatre données. Depuis le 1 er janvier 2004, le revenu du producteur sera composé du prix du lait mais aussi d'aides directes bientôt découplées, c'est " une vraie rupture". Lors des sommets de Berlin et Luxembourg, il a été décidé de " fortes baisses du prix d'intervention de poudre et de beurre : des compensations partielles sont prévues de l'ordre de 60 %". Jean Le Vourch met aussi en garde contre " le pire des scénarios", à savoir l'effet domino. Depuis la fin 2002, " on assiste à une certain nombre de non renouvellements par certaines entreprises, de contrats d'achats de lait à des groupement de collecte (2 milliards de litres d'ici quelques années)", explique-t-il. Ces mêmes entreprises proposent néanmoins de collecter le lait des groupements mais sur la base d'une valorisation beurre-poudre. De ce fait, les groupements de collecte recherchent des débouchés plus valorisants que les produits industriels et entrent ainsi sur le marché des produits de grande consommation les plus simple en faisant chuter leur valorisation. Enfin, en terme de marchés des produits de consommation, " les prévisions de la Commission européenne en matière d'augmentation de la consommation ne sont pas au rendez-vous".
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Régionalisation
Au sujet de certaines entreprises qui sont allées plus loin en terme de baisse du prix du lait que l'accord du 2 mars, le président de la FNCL se montre « compréhensif». " Devant la situation dramatique des valorisations tirées par l’activité beurre-poudre, notamment en raison de la gestion des marchés par la Commission européenne, certaines entreprises engagées sur ces marchés ont appliqué des baisses de prix du lait plus importante». « Je veux croire que nous aboutirons à un nouvel accord car nous en avons la volonté», a souligné Jean Le Vourch, qui a réaffirmé la « nécessité pour la coopération laitière de se restructurer et de s’adapter». La FNCL propose de mettre en place un plan agricole régional au lieu des PAD (plans agricoles départementaux) existants. Il s'agit par exemple de reconsidérer le niveau de quotas optimum par UTH (unité de travail humain) et de ne pas exclure la mutualisation entre départements si nécessaire. L'idée est de parvenir à la notion de bassin laitier. Une CROA (commission régionale d'orientation pourrait être créée. " Elle fixerait quelques lignes convergentes". "Cette régionalisation mérite d'être approfondie", a souligné le représentant du ministre, Pascal Viné qui a précisé que les 20 millions d'euros pour la filière annoncés par Hervé Gaymard étaient un " acompte". Cette enveloppe pourrait aussi être complétée par " des financements régionaux", a assuré Pascal Viné.