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Bois-énergie Le Cibe veut une écotaxe qui stabilise le prix du fioul et du gaz

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Difficile de monter des projets « bois-énergie » rentables et concurrentiels quand le prix du baril de pétrole fait du yo-yo… Pour surmonter cet obstacle, le Comité interprofessionnel du bois-énergie (Cibe) appelle à la création d’une écotaxe qui stabiliserait le prix du fioul et du gaz.

Souvent complexes à monter sur le terrain en raison des lourdeurs administratives ou de la multiplicité des acteurs, les projets « bois-énergie » rencontrent également un autre obstacle : la forte volatilité du prix des énergies fossiles. « Entre le moment où on monte un projet et le moment où on le met en place, le prix du pétrole a parfois changé quatre fois », déplore Serge Defaye, le président du Comité interprofessionnel du bois-énergie (Cibe). Or, le prix du pétrole ou du gaz naturel entre souvent en ligne de compte pour définir la rentabilité ou le caractère concurrentiel d’un projet de chauffage au bois-énergie. Selon les professionnels du Cibe, réunis le 17 mars à Paris pour une réunion pleinière, les clients potentiels hésitent souvent à franchir le pas face à des énergies fossiles encore peu chères et dont l’évolution des prix reste très imprévisible.

Délicate rentabilité

Guillaume Lefrançois, chargé de mission « bois-énergie » à l’association Biomasse Normandie, confirme le diagnostic : « Le prix de l’énergie fossile constitue une variable non maîtrisée qui sur-détermine les autres ». Pour surmonter cet obstacle, le président du Cibe appelle à la mise en place d’une écotaxe à taux variable qui permette de stabiliser le prix du fioul et du gaz, « comme l’ont fait les Scandinaves ». De fait, selon une étude co-réalisée par Biomasse Normandie pour le compte du Cibe, les paramètres économiques jouent un rôle prépondérant dans la rentabilité d’un projet bois-énergie, et ce, par rapport aux paramètres techniques.

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Donnant quelques pistes pour assurer la rentabilité d’un projet de chauffage collectif au bois, Guillaume Lefrançois souligne que ce sont les bâtiments de taille significative et occupés toute l’année (les maisons de retraite par exemple, par opposition aux lycées) qui sont les cibles les plus évidentes. En outre, la taille d’un projet permet de bénéficier d’un effet d’échelle sur les frais fixes d’investissement et d’exploitation. Autre élément à avoir en tête, selon Serge Defaye, la part relative de l’installation et du combustible dans le coût total du projet. « La chaudière à bois et la matière première ne représentent souvent que 10 à 15 % du coût final de la chaleur produite », explique le président du Cibe. La majorité des coûts se répartissent entre la réalisation des travaux (financement des tranchées pour le réseau de chaleur par exemple), le génie civil, les frais financiers, les impôts, l’entretien de l’installation ou le provisionnement des futures dépenses d’entretien ou de réparation.