Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a estimé le 25 mars que son « cri d'alarme a été en partie entendu par les pouvoirs publics », selon Christophe Barrailh, son président. Plus tôt le même jour, le ministère de l'Agriculture avait détaillé les aides aux professionnels du canard et du foie gras concernés par une épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest, réservant aux producteurs de palmipèdes 110 des 130 millions d'euros annoncés pour l'ensemble de la filière. Ces producteurs, touchés par le gel total de la production dans dix-huit départements, pourront déposer leur demande d'indemnisation à partir d'avril. L'indemnisation sera calculée sur la base des volailles non produites avec un forfait pour chaque de type de production. Sur l'enveloppe globale, 20 millions d'euros seront par ailleurs réservés aux accouveurs qu'ils soient situés dans la zone de restriction définie depuis janvier ou en dehors de celle-ci, précise-t-il. « Un dispositif du même type sera mis en place pour les producteurs de volailles autres que palmipèdes » qui seraient également frappés. D'autres aides pourront être débloquées pour les entreprises du secteur touchées par le gel de la production (abattoirs, transformateurs, transports, nettoyage/désinfection, producteurs d'aliments pour volailles...). Une enveloppe de 60 millions d'euros sera ainsi réservée aux PME-PMI (moins de 250 salariés) sous forme de subventions ou d'allègements de charges, fiscales et sociales notamment. « Comme on ne s'attendait à rien, c'est une avancée », a pour sa part jugé Laurent Hagneré, directeur général de la Maison Barthouil, à Peyrehorade (Landes), qui a déjà essuyé 700 000 euros de pertes. Il craint également que nombre de petits éleveurs-gaveurs traditionnels avec qui il travaille soient « découragés par les mesures de biosécurité et arrêtent tout ». À la société La Plume de Pomarez, qui devrait perdre 30% de son chiffre d'affaires, Bertrand Trémont, le directeur, voit dans ces mesures pour l'aval « un bon point si c'est réalisé assez vite » mais va devoir fermer sa société de plumes de canards pour quatre mois, tout en stockant sa dernière production faute de pouvoir l'exporter vers l'Asie.
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