Abonné

COOPÉRATIVES/CLASSEMENT Le classement des coopératives, un outil de lobbying

- - 3 min

« Faire de la coopération le modèle économique le plus durable, et celui qui connaîtra la plus forte croissance d'ici à 2020 ». Rien de moins. C'est Dame Pauline Green, présidente de l'Alliance coopérative internationale, qui l'a déclaré, lors de la deuxième édition du Sommet international des coopératives à Québec. Le mouvement coopératif a d'ailleurs décidé de se doter d'indicateurs économiques indispensables pour se faire entendre des sphères du pouvoir. L'Alliance coopérative internationale publie ainsi depuis trois ans avec Euricse le « Moniteur mondial des coopératives ». Il classe notamment les 300 premières coopératives mondiales par chiffre d'affaires global et par habitant. Selon l'édition 2014, le chiffre d'affaires des 300 premières coopératives et mutuelles a représenté 2 205,7 milliards de dollars en 2012 (l'équivalent du PIB du Brésil), en progression de 11,6 % par rapport à 2011. Présentes dans 26 pays, ces 300 coopératives sont particulièrement actives dans les assurances (41 %), l'agriculture et l'alimentation (27 %) et la vente de gros et au détail (20 %). Des données qui sont collectées sur 1 926 coopératives. 1 313 ont un chiffre d'affaires de plus de 100 millions de dollars US. Présentes dans 50 pays, elles couvrent l'assurance (24 %), l'agriculture et l'agroalimentaire (17 %) et le commerce de vente en gros et au détail (17 %). Le chiffre d'affaires des 2 000 coopératives recensées avoisine 2 600 milliards de dollars. « Un gros travail reste à faire pour améliorer la collecte des données et étendre le moniteur à des indicateurs sociaux », souligne Gianluca Salvatori, p.-d.g. d'Euricse. Aussi imparfait que soit ce travail, il donne un visage économique à la coopération, ce qui constitue un outil de lobbying indispensable à la reconnaissance de ce modèle économique singulier.

UN RAPPORT DE L'ONU

L'ONU aussi a décidé de recenser le mouvement coopératif. Présentée en clôture du sommet international des coopératives, cette étude devrait venir renforcer la crédibilité du mouvement coopératif. Menée dans 145 pays, ce travail mesure des indicatifs économiques et sociaux (chiffre d'affaires, emploi et membres), rapportés à la population. « Les zones les moins stables du monde sont celles où le mouvement coopératif est le moins développé », souligne David Grace, associé directeur de David Grace & Associates, le cabinet américain qui a réalisé l'étude. Autre enseignement, la corrélation qui existe entre les pays où le mouvement coopératif est le plus développé et ceux présentant l'index le plus fort de progrès social. Selon l'étude commandée par l'ONU, la coopération et les mutuelles comptent plus d'un milliard de membres et emploient 12,6 millions de personnes dans 770 000 établissements. Avec des actifs avoisinant 20 000 milliards de dollars américains, elles génèrent un chiffre d'affaires proche de 3 000 milliards de dollars US. De quoi peser sur la vie économique et politique…

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

coopérative
Suivi
Suivre

QUEL IMPACT SUR L'EMPLOI ?

Les chiffres concernant l'emploi dans les coopératives sont encore peu nombreux et complexe à collecter. Dans le coopératives agricoles par exemple, les agriculteurs, dont le travail dépend de la coopératives, ne sont pas comptabilisés dans les emplois directs. Une étude de Cicopa (organisation internationale des coopératives de production industrielle, artisanale et de services), également présentée lors du Sommet des coopératives, chiffre à 250 millions le nombre de personnes travaillant dans le secteur coopérative (à temps plein ou temps partiel). Dans les pays du G20, 12 % de la population active travaille dans le secteur coopératif.