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Énergies renouvelables Le Cler dénonce les choix du gouvernement

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Le Comité de liaison des énergies renouvelables dénonce les choix du gouvernement en faveur d’un renforcement de la production d’électricité, alors que, selon le Cler, les besoins ne sont pas situés à ce niveau. La priorité devrait au contraire être donnée à l’approvisionnement énergétique dans les transports et l’habitat, où justement les renouvelables peuvent offrir de l’énergie.

Jean-Pierre Raffarin a déclaré le 6 avril que «l a France devra s’engager» dans la voie du réacteur nucléaire EPR. Le Cler ne condamne par les projets du gouvernement au nom du parti pris antinucléaire, mais parce qu’ils ne tiennent pas compte des usages de l’énergie.

La France a surtout besoin de combustible

Les premiers besoins de consommation énergétique des Français sont les transports (50 millions de tonnes-équivalent-pétrole) et le chauffage (50 millions). Ils sont suivis des besoins de l’agriculture et de l’industrie (41 millions de tep). A la fin, figurent les besoins de consommation électrique, avec 17 Mtep. En clair, la France a surtout besoin de combustible.

Ne pas mettre l’accent sur les postes de consommation les plus importants suscite une vive réaction du Cler, qui «s’étonne de cette annonce et s’inquiète fortement de la cohérence de nos choix énergétiques». Cette politique tourne le dos à l’efficacité énergétique, selon le Cler. En effet, en choisissant d’accroître la production d’électricité de façon classique, on envoie les deux-tiers de l’énergie dans l’atmosphère : 35%, tel est le rendement moyen des centrales thermiques, qu’elles soient alimentées par des combustibles fossiles ou nucléaires. «Les autres pays font quasiment tous de la co-génération», c’est-à-dire qu’en même temps qu’ils font tourner des turbines génératrices d’électricité, ils utilisent les «restes» pour desservir des industries, chauffer des serres, des hôpitaux et des habitations. Avec des rendements énergétiques de 80%.

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Les chances des renouvelables amoindries

En outre, cette politique sape les chances des énergies renouvelables. « À quoi bon investir dans des chaudières à bois si l’on vous propose l’électricité moins chère, même si cela représente un formidable gaspillage sur le plan global?», s’exclame Arnaud Brunel, directeur du Cler. De même, l’agriculteur qui a un projet d’utilisation du solaire thermique ou photovoltaïque pour faire tourner sa salle de traite ne sera plus incité à faire cet investissement, d’autant plus que les sommes consacrées à l’EPR réduiront d'autant celles consacrées aux incitations aux énergies décentralisées. Là où des solutions par les énergies renouvelables en provenance de l’agriculture pourraient être offertes, comme les bio-carburants, le bois-énergie, le solaire, l’éolien, le bio-gaz, et autres valorisations des ressources existantes, une politique coûteuse et peu efficace sur le plan énergétique risque de prendre le pas, selon le Cler. Il souligne «le caractère très peu démocratique de l’exception française constituée par le développement exclusif des énergies centralisées, souvent contre les aspirations et les intérêts des collectivités et de leurs territoires».

Les choix seront toutefois débattus au Parlement dans les semaines prochaines, a indiqué Jean-Pierre Raffarin.