Le Conseil national de l’alimentation a adopté des propositions pour la mise en place d’un « baromètre » et d’un Observatoire de l’alimentation, étape nécessaire pour doter la France d’une instance d’expertise socio-économique.
Le Conseil national de l’alimentation (CNA), réuni le 19 mai sous la présidence de Philippe Guérin, a approuvé à l’unanimité moins une abstention (celle d’Alliance 7) un avis portant sur la création d’un Observatoire de l’alimentation destiné à éclairer les pouvoirs publics et les entreprises. Cet Observatoire, annoncé dans son principe lors du dernier SIAL par le secrétaire d’Etat à l’Agriculture et à l’Alimentation, doit être un outil pour adapter les politiques mises en œuvre par les différentes administrations comme les stratégies des PME qui ne peuvent disposer d’autant d’études que les grands groupes sur les tendances de consommation.
Manque de coordination
Le besoin d’un tel outil avait été identifié par l’un des groupes préparatoires au Partenariat national de développement des IAA, celui consacré aux « attentes de la société ». Ce groupe, présidé d’ailleurs par Philippe Guérin, notait que « les divers outils d’enquête dans le domaine de l’alimentation ne sont ni coordonnés ni suffisamment en lien avec la recherche en sciences économiques et sociales et leurs résultats ne font l’objet d’aucune centralisation, ce qui rend difficile de comparer les enquêtes et d’exploiter de façon croisée les résultats, notamment en l’absence d’unité méthodologique ».
Aujourd’hui, les propositions prennent plus de poids puisqu’elles émanent d’une instance consultative tout à fait large, le CNA représentant toute la chaîne alimentaire, distributeurs et associations de consommateurs compris.
L’Observatoire tel qu’il est prévu désormais comporte trois volets :
– un baromètre de l’alimentation pour produire des données nouvelles à travers des sondages sur les perceptions qu’ont les consommateurs de leur alimentation et des modes de production, et sur la confiance qu’ils accordent aux acteurs institutionnels et privés des filières alimentaires ; à cet indicateur périodique de confiance s’ajouteraient des enquêtes thématiques à travers des panels existants portant sur l‘innovation, la perception des prix, la RHF, etc…
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– un regroupement de toutes les données, notamment statistiques, qui existent déjà sur l’alimentation mais dont les approches méthodologiques doivent être harmonisées , ce qui rend nécessaire un travail de coordination amont des enquêtes socio-économiques ;
– l’analyse de l’ensemble de ces données et leur mise en perspective dans le but d’anticiper les évolutions futures.
Une personnalité morale et une équipe légère
Le CNA propose que l’Observatoire prenne la forme d’un établissement public ou d’un groupement d’intérêt public, voire d’une fondation, l’essentiel étant qu’il puisse contractualiser avec des tiers. Impliquant dans son conseil d’administration les principaux partenaires publics et privés qui produisent des données, l’Observatoire devrait disposer d’à peine dix permanents et d’un conseil scientifique.
Celui-ci aiderait à la coordination des études alimentaires et programmerait l’analyse et l’interprétation des données selon différentes disciplines des sciences humaines.
Lors du CNA du 19 mai, Nicolas Forissier a confirmé que le baromètre, et plus globalement, l’Observatoire de l’alimentation faisaient partie de la panoplie de mesures conçues dans le cadre du PNDIAA. Il a insisté auprès du CNA pour que soit effectué d’ici mi-juillet un travail de définition des cahiers des charges et d’esquisse budgétaire qui permettent de lancer le démarrage effectif de l’Observatoire.