Le Conseil national de l’alimentation (CNA) re-prend avec de nouveaux membres et un deuxième mandat de son président, Philippe Guérin, une série de travaux dont le programme a été approuvé par les ministres de la Santé, de l’Agriculture et de la Consommation.
Réuni au Sial le 23 octobre, le nouveau CNA (Conseil national de l’alimentation) dont certains membres ont été renouvelés et notamment Philippe Guérin, son président, nommé pour un nouveau mandat de trois ans, a esquissé ses pistes de travail à venir. Un certain nombre d’organisations des différents maillons de la chaîne alimentaire qui composent ce petit « Parlement de l’alimentation », selon l’expression reprise par Dominique Bussereau en clôture de cette plénière, ont fait leurs suggestions et les trois ministères auxquels le CNA est rattaché (Agriculture, Consommation et Santé) ont fait connaître les leurs.
Ouverture vers les professions judiciaires
En préambule, Philippe Guérin a souhaité que le Conseil s’ouvre davantage sur l’extérieur, et plus précisément vers le monde de la justice avec qui des échanges fructueux seraient nécessaires dans le contexte de « judiciarisation » de nos sociétés, et également vers les medias dont l’impact est si souvent déterminant dans l’évolution des crises et les peurs du public. Le président suggère aussi de se rapprocher davantage de l’ensemble des organismes de recherche concernés et de toutes les agences, comme c’est déjà le cas avec l’Afssa. Il « rêve » également d’un site Internet pour que les travaux du CNA soient mieux connus et pour que chacun de ses membres s’y exprime.
Au vu des idées recueillies auprès des membres du CNA, Philippe Guérin a lancé quelques thèmes sur lesquels le Conseil pourra faire jouer son droit d’autosaisine : comment appliquer le règlement Allégations nutritionnelles, améliorer l’éducation alimentaire, quels points de jonction établir entre politiques de l’alimentation et de l’environnement (gestion des déchets et résidus de process dans la chaîne alimentaire).
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Du côté des industriels, on suggère de creuser davantage la question de la communication sur les risques – l’avis récent du CNA n’étant qu’un début Cf Agra alimentation n° 1 937 du 13.07.06, p. Une, les salariés pensent, pour leur part, utile d’étudier les liens entre droit du travail et nouveau droit alimentaire européen (paquet hygiène), et d’autres intervenants penchent pour un nouveau travail sur les OGM, d’autres enfin sur les facteurs à prendre en compte dans la régulation du commerce international.
Les priorités des trois ministres
Même s’ils n’ont pas fait acte de présence pour ré-installer le Conseil, les ministres de l’Economie et de la Santé ont délivré leurs messages d’encouragement et, comme le ministre de l’Agriculture lui-même, ils ont passé, par conseillers interposés, sinon des commandes du moins une manifestation d’intérêt pour certains thèmes : en l’occurrence, l’accessibilité des produits pour tous et notamment les familles modestes, l’impact du règlement Allégations, la notion de produits dangereux, les nouveaux procédés de fabrication et leurs conséquences sanitaires et nutritionnelles.
Dominique Bussereau, pour sa part, s’est félicité de la réalisation, cette année, d’une des anciennes recommandations du CNA à savoir le baromètre de la perception des aliments par les Français Cf 1 946 du 19.10.06, p. 8 et il a dit attendre l’étude de faisabilité d’un « baromètre 2 » pour 2007. Pour le reste, la plupart des chantiers envisagés ont, semble-t-il, l’accord du ministre qui a insisté sur le thème de la préservation du patrimoine diversifié de l’alimentation à la française. Il a enfin salué le CNA comme « une aide à la conduite d’une politique de l’alimentation dont la France a particulièrement besoin ».