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Enseignement agricole Le CNEA boycotté à nouveau

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Le Conseil national de l’enseignement agricole (CNEA) qui devait se tenir le 7 novembre a été boycotté par l’ensemble des familles de l’enseignement agricole, comme l’avait été le CNEA du 13 octobre.

Pour la deuxième fois, le 7 novembre, les représentants de l’enseignement public et privé ont refusé de participer à un CNEA ; ils avaient déjà boycotté celui du 13 octobre. Cette fois, la FNSEA et l’APCA leur ont apporté leur soutien, selon le Conseil national de l’enseignement technique agricole. La grogne semble faire tache d’huile.
A lire les déclarations préliminaires du Conseil national de l’enseignement agricole publique (CNEAP) aux deux CNEA boycottés, la principale cause de cette décision est le projet de budget 2012 qui prévoit une nouvelle vague de suppressions de postes, soit 280 équivalents temps plein (ETP) dont 112 dans l’enseignement privé.
Depuis 2006 (mise en œuvre de la LOLF), 300 postes ont déjà été supprimés « alors même que nous étions déficitaires de plus de 300 postes en 2005 pour nous permettre de simplement respecter les référentiels des formations », a écrit le CNEAP dans une déclaration.
Les suppressions de postes prévues en 2012 accroissent le déficit constaté, « rendant impossible le bon fonctionnement administratif des établissements, dégradant les conditions de travail des personnels et flouant la qualité de l’encadrement éducatif des jeunes », s’alarme le CNEAP avec une sévérité de propos inhabituelle.

Boycott des CREA en région
Le CNEAP critique la politique du ministère de l’Agriculture qui va au-delà des exigences de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
Le Syndicat national de l’enseignement agricole technique (SNETAP) écrit de son côté dans un communiqué que « les organisations alertent solennellement le ministre de l’Agriculture du danger que représente sa politique pour l’avenir de l’enseignement agricole ». Le syndicat, majoritaire dans le public, appelle à boycotter également les Conseils régionaux de l’enseignement agricole (CREA).
D’autres points d’achoppement ont poussé le CNEAP au boycott : la non-revalorisation depuis plus de 12 ans du taux horaire de financement de certains enseignants ainsi que le refus de revenir sur le non-financement des 90 premiers jours d’absence d’un enseignant. Cette dernière décision « ne s’appuie sur aucun texte réglementaire » et « crée une situation discriminatoire avec les composantes de l’enseignement agricole, une charge financière pour les établissements et un préjudice pour les élèves ».
Dernier sujet sensible : celui des heures supplémentaires. Le taux d’heures supplémentaires annuelles (HSA) « crée des situations sociales inacceptables » : « de plus en plus souvent des contrats à temps plein sont remplacés par des temps incomplets », complétés par des HSA moins rémunérés, créant « un risque de contentieux (…) de plus en plus probable », écrit le CNEAP. Malgré de nombreuses réunions avec la Direction générale de l’enseignement et de la recherche,explique le CNEAP, ces sujets n’ont pas été pris en compte dans le plan de loi de Finances 2012.

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