La marque Cochon de Bretagne, créée par près de 900 éleveurs bretons en 2000, connaît un succès croissant. Leclerc, Attac, Système U et même McDonald’s ont adhéré au cahier des charges entièrement maîtrisé par les éleveurs. Ceux-ci n'hésitent pas à aller à la rencontre des consommateurs pour promouvoir leur produit, ce qui plaît aux distributeurs. Les ventes ont représenté l’an dernier 32 000 porcs et les éleveurs envisagent à présent de s’attaquer au segment des produits transformés.
Lancé il y a un peu plus de trois ans, le Cochon de Bretagne est en train de trouver sa place dans les linéraires. L’initiative portée par les éleveurs de 16 groupements bretons différents vise à s'émanciper des marques distributeurs en proposant un cahier des charges élaboré et maîtrisé par les producteurs. Le cahier des charges ne garantit pas grand-chose de plus que les MDD, sinon l’origine bretonne. Une manière détournée de mentionner l’origine France, " depuis l’édit de 1532 ", comme l’explique avec humour Daniel Picart, président de la société « Cochon de Bretagne ». Le cahier des charges garantit également une alimentation " 100% végétale et minérale ", autre manière de dire " sans farines animales ". Mais le véritable atout pour les producteurs est de contrôler leur propre marque et de maîtriser ainsi leur débouché, quitte à ne pas toucher de prime dans un premier temps. “Si on veut être libre, il faut en payer le prix” explique le jeune président.
Le groupement Leclerc a été le premier à référencer la marque, suivi des supermarchés Attac, de quelques magasins Champion et Intermarché. Système U Sud adopte le principe mais en l’appelant " Cochon de caractère ". Quant au groupe Casino, il reprend le cahier des charges mais l’intègre à sa marque " Terres et saveurs ". Les éleveurs ont réussi la performance d'entrer chez McDonald's pour représenter aujourd'hui 30% des jambons vendus dans les fast-foods. Grâce à un engagement important des producteurs, qui n'hésitent pas à se déplacer pour le promouvoir, les ventes de Cochon de Bretagne représentent aujourd'hui 32000 porcs, en progression de 8000 porcs en un an.
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Dans la ligne du rapport Porry
Daniel Picart estime que son action " est dans la droite ligne du rapport Porry", qui conseille aux éleveurs de regrouper l'offre face à la grande distribution. " Nous venons de 16 groupements différents et nous vendons sous la même marque", explique-t-il. Fort de la motivation de ses éleveurs, plutôt plus jeunes que la moyenne, le Cochon de Bretagne amorce aujourd'hui un virage. Présent uniquement sur le segment de la viande fraîche, qui représente un quart des ventes, la marque entend se positionner sur " les trois quarts restants ", autrement dit les produits transformés. Aux dernières nouvelles, il pourrait s’agir non pas d'apposer la marque sur des produits transformés existants, mais de lancer un nouveau produit.