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Le collectif comme clé du succès des filières AOP franc-comtoises

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Cinq avenirs possibles de la production laitière dans les zones AOP de Franche-Comté ont été envisagés par l’Institut de l’élevage et le bureau d’études ACteon à la demande du ministère de l’Agriculture. L’étude insiste sur la nécessité d’un collectif fort qui est le garant de la réussite.

Le premier scénario de l’étude sur l’avenir de la filière Franche Comté, réalisé par l’Institut de l’élevage et le bureau d’études ACteon, envisage une filière où le « chacun pour soi » prédomine. « Des stratégies individuelles s’organisent » et parachèvent une perte de pouvoir des producteurs au profit de l’aval. Finalement, « les produits AOP s’industrialisent » ce qui entraîne une « suspension des AOP comtoises » par l’INAO.

Le deuxième scénario imagine « une ruée vers l’or blanc » et une limitation de la production au profit « du haut de gamme ». Cela permet « un fort développement du marché international » et « entraîne dans son sillage l’ensemble de l’économie de la région ». Mais le comté prend le pas sur toutes les autres productions AOP qui s’arrêtent. Les financiers sont alors attirés par la filière et « les prix du foncier flambent ».

Le troisième scénario « d’hygiénisation » anticipe des crises sanitaires à répétition qui aboutissent à « l’interdiction de la transformation du lait cru » et donc la fin des AOP du massif du Jura.

Le quatrième scénario de « monopole » évoque des difficultés économiques et financières globales qui conduisent à une concentration de la filière aux mains d’un seul acteur, en position dominante. Le prix diminue et la filière perd peu à peu ses producteurs. Mais « la déprise dans certaines zones et « la baisse du coût du foncier » permettent d’espérer un rebond de l’installation ».

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Le dernier scénario « d’excellence environnementale » aboutit à un passage « de quasiment toutes les exploitations à l’agriculture biologique ». Le paysage paraît alors idéal : « le tissu économique rural est vivant » et « le tourisme vert se développe ». Les auteurs vont même plus loin : « Les paysages remarquables de la région et les modes de production sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco ».

Lequel va se produire ? Personne ne peut le prédire. En tout état de cause, quel que soit le scénario, le rapport affirme que « le collectif et la solidarité sont des conditions indispensables de la réussite » de la filière tout comme « la réappropriation des enjeux environnementaux ». De plus, l’étude met en garde contre « la financiarisation de la filière ».

« Le collectif et la solidarité sont des conditions indispensables de la réussite »