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UE/Prix alimentaires Le commerce attend de Bruxelles une vue objective sur les prix

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Eurocommerce, le lobby du commerce de détail en Europe, se dit préoccupé par les tentatives actuelles de certains États membres de vouloir contrôler l’environnement règlementaire des entreprises et par là même de réguler les prix de la grande distribution, sous la pression d’une opinion publique « pas toujours bien informée » sur la complexité de la détermination des prix dans une économie de marché. Une étude de la Commission européenne sur le sujet, à paraître en automne, pourrait remettre les choses à leur place, espère le lobby du commerce.

« Un des gros problèmes sur le dossier des prix des denrées alimentaires est que les gens connaissent très mal la manière dont sont déterminés les prix et personne n’a une idée précise du nombre des intermédiaires qu’il peut y avoir pour la vente d’un produit ! ». Patrice Pellegrino, conseiller « Marché intérieur » à Eurocommerce, explique à Agra alimentation que si tout le monde est d’accord pour dire que le secteur de la distribution « est le secteur où il y a le plus de concurrence », en même temps on parle aujourd’hui « de vouloir contrôler les prix de cette même distribution ». Ce qu’il faut savoir, dit-il, « c’est que le distributeur achète très rarement directement au producteur agricole et qu’il doit passer par une série d’intermédiaires ». « Pouvez-vous me dire sur 100 litres de lait combien sont achetés directement par un distributeur ? Une part infime ! », répond notre interlocuteur qui souligne que « la quasi-totalité est achetée directement par les transformateurs qui la revendent ensuite à la distribution ». « En plus de cela, le distributeur ne se contente pas d’acheter un produit et de le déposer sur un linéaire pour qu’il se vende ! Il y a tout un travail de marketing, d’efforts continus de satisfaction des clients, d’études de comportement du client, etc… C’est plus complexe que cela la chaîne alimentaire », soutient Patrice Pellegrino.
Celui-ci estime qu’il existe aujourd’hui « une réaction quasi épidermique » sur ce sujet de la part de la société et que « c’est un peu trop facile de rendre la seule distribution responsable du problème ».
Chaque acteur de la chaîne alimentaire a son rôle
Aux yeux du responsable d’Eurocommerce, « il n’existe pas d’ententes » dans le secteur de la distribution mais bien au contraire une « ultra-concurrence » entre les enseignes et celles-ci « ne font que répercuter les hausses de prix qu’elles ont elles-mêmes subies de la part des différents intermédiaires ». C’est faux, dit-il, de dire que « toute la différence va dans la poche de la distribution ». Une allusion claire aux accusations proférées à travers toute l’Europe par les producteurs de lait ces dernières semaines. « Quand les cours de certains produits s’effondrent ce n’est quand même pas la faute de la grande distribution » ? demande Patrice Pellegrino. Dieu merci, dit-il, on a heureusement lancé du côté des institutions européennes une réflexion sur la formation des prix des denrées alimentaires et les interventions des différents acteurs de la chaîne alimentaire. Une réflexion qui implique toute une série de directions générales à la Commission européenne (DG Agri, DG Concurrence, DG Entreprises, DG Emploi, DG Marché intérieur). Le but de l’exercice est de tenter de comprendre comment fonctionne le secteur du commerce européen aujourd’hui et la façon dont sont déterminés les prix des produits alimentaires. Une consultation publique vient de s’achever à ce sujet et les services compétents de la Commission européenne sont en train de faire l’analyse des différents commentaires et observations reçues de la part de chacune des catégories d’acteurs (producteurs, consommateurs, distributeurs). Une unité de la DG Marché intérieur s’occupe notamment de la surveillance des prix des denrées alimentaires dans le secteur de la distribution (« Retail Market Monitoring »). Au même titre que les autres parties prenantes, Eurocommerce y a participé, fournissant à la DG un panorama complet sur la complexité du secteur de la distribution et focalisant ses observations sur les « barrières qui existent au sein du Marché intérieur » et qui, à ses yeux, auraient une influence certaine sur la détermination des prix.
Une communication fin novembre
La réflexion des services de la Commission européenne sur les prix des denrées alimentaires devrait en principe déboucher sur une Communication de la Commission européenne qui devrait être présentée aux ministres lors du Conseil « Compétitivité » du 20 novembre 2009. Eurocommerce espère que cette Communication pourra éclairer l’opinion publique sur le rôle exact des différents participants dans la chaîne agroalimentaire (production, transport, commerce de gros, secteur de la transformation, conditionnement, stockage, etc...) et sur l’impact réel de chacun sur le prix final des denrées alimentaires.

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