La dérogation au seuil de revente à perte, dont bénéficient aujourd’hui les cash and carry, fait débat à l’Assemblée nationale. La commission des affaires économiques a en effet adopté « deux amendements complètement contradictoires », s’insurge la Confédération du commerce inter-entreprises (CGI). Le premier, défendu par le rapporteur Michel Raison vise à codifier cette disposition et la « graver dans le marbre », l’autre, soutenu notamment par le député UMP Jean-Paul Charié, milite pour sa suppression. La CGI, qui représente les grossistes et défend le commerce de proximité, soutient activement l’initiative de ce dernier. Hugues Pouzin, Directeur général de la CGI, estime que « sur cette question, le gouvernement et les parlementaires ont été instrumentalisés par un des principaux acteurs des cash and carry (Metro, ndlr)».
Pour la CGI, la dérogation au seuil de revente à perte au stade de gros n’a en réalité aucune incidence sur les prix de revente au détail. Elle autorise l’introduction de méthodes de commercialisation qui s’apparentent à de la concurrence déloyale entre les cash and carry et les grossistes. « Les cash and carry utilisent cette disposition pour pratiquer des prix d’appels sur certains produits, tout en sachant qu’ils ont la possibilité de se rattraper sur d’autres catégories de produits ».
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Il est cependant intéressant de noter que la position défendue par le rapporteur du texte ne semble pas faire l’unanimité. En effet, la Commission a également adopté hier un autre amendement qui dit exactement le contraire et vise à supprimer la dérogation accordée aux cash and carry sur le seuil de revente à perte. Pour Hugues Pouzin, « c’est un signe que la manipulation orchestrée par les cash and carry commence à se fissurer. Je ne désespère pas de voir le Gouvernement et le Parlement revenir à la raison sur ce sujet ».