Le 26 septembre à Barcelone, les membres de l'Union Européenne du Commerce du Bétail et de la Viande (UECBV) se sont réunis pour déterminer leurs priorités de travail pour l'année à venir. L'embargo russe en cours et ses impacts sur le marché européen de la viande ont occupé l'essentiel de l'ordre du jour. Les congressistes appellent à la reprise du dialogue avec les autorités russes, afin de sortir de la crise, dont les effets sur les marchés se font sen-tir de plus en plus fortement.
LE sujet le plus attendu à l'assemblée générale de l'Union européenne du commerce du bétail et de la viande (UECBV), le 26 septembre à Barcelone, a été l'embargo russe sur les exportations européennes de viandes, ainsi que ses conséquences sur le marché communautaire. La plupart des intervenants ont mis l'accent sur le rôle clé joué par la Russie dans l'équilibre du marché européen de la viande. La Russie en effet absorbe grosso modo 25 % des exportations de viande de porc et de viande de bœuf de l'UE. L'UECBV considère que l'industrie du commerce des viandes de l'UE est frappée principalement à trois niveaux par les mesures de rétorsion russes. D'abord par le problème des certificats sanitaires exigés par les autorités sanitaires russes (garantissant que les produits européens sont conformes aux exigences russes). Des exigences qui, selon le secrétaire général de l'UECBV, Jean-Luc Mériaux que nous avons contacté, « se sont traduites par un quasi-arrêt de nos exportations de viande porcine et de produits à base de viande de porc sur le marché russe ainsi que sur le marché biélorusse ». Ensuite s'est ajouté le problème des mesures anti-fraude prises par la Russie contre certaines viandes européennes, au motif qu'un certain nombre d'expéditions de viande européenne étiquetées « viande bovine » contenaient en fait de la viande de porc. Une allégation jugée irrecevable par les industriels européens dans la mesure où « aucune autorité des Etats membres ou de la Commission européenne n'aurait pu en vérifier la véracité ». Et en dernier lieu, la décision majeure prise par Moscou au printemps dernier d'imposer un embargo quasi-total sur l'ensemble des exportations de viandes européennes. « Si l'on cumule ces trois mesures, l'Union se trouve dans la quasi-impossibilité d'exporter ni cochons vivants ni produits à base de viande porcine », nous affirme le secrétaire général de l'UECBV. Une situation qui, selon lui, se serait traduite par une perte en volume des exportations d'environ 750 00 tonnes, pour une valeur qui avoisine 1,3 milliard d'euros. Idem pour les exportations de viandes bovines, lesquelles auraient enregistré une perte en volume de quelque 40 000 tonnes pour une valeur d'environ 200 millions d'euros. Soit une perte totale pour le secteur du commerce des viandes européennes, évaluée par Jean-Luc Mériaux à environ 1,5 milliard d'euros.
PRIORITÉ AU DIALOGUE AVEC MOSCOU
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Les membres de l'UECBV ont, d'une manière unanime, appelé à un dialogue avec la Russie afin de rétablir la confiance entre les deux parties. Ils ont également plaidé pour l'ouverture des marchés alternatifs qui, selon eux, sont toujours fermés en raison d'obstacles techniques au commerce. « À notre niveau nous ne voyons pas beaucoup de solution pour sortir de cette crise », nous a affirmé le secrétaire général de l'UECBV, Jean-Luc Mériaux. « Tout au plus nous préconisons de restaurer le dialogue avec la Russie pour dégager une solution technique en vue de régler le problème des certificats sanitaires ». Mais, selon lui, même en cas de solution politique de l'embargo russe, le problème principal restera celui des certificats sanitaires pour lequel, dit-il, les experts de l'UECBV pourraient apporter leur propre expérience. Dans l'intervalle, a-t-il aussi rappelé, la Commission européenne a saisi au printemps dernier les organes de l'OMC en vue de constituer un panel sur la question de l'embargo russe. « Après la saisine de l'OMC et la procédure de consultation qui a suivi, nous en sommes à la phase “constitution du panel” et nous espérons – avec la Commission européenne – que les experts qui seront désignés par l'OMC pour donner leur avis soutiendront que dans ce dossier les autorités russes n'ont pas respecté les normes de santé animale prévues par les règles internationales », a conclu Jean-Luc Mériaux.