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Le commerce équitable conquiert les grandes surfaces et les jeunes

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Le commerce équitable poursuit sa croissance à deux chiffres en France et espère passer de la niche à la norme. Deux acteurs auront leur part à jouer pour consolider cette dynamique : la grande distribution et la jeune génération.

Après avoir franchi le cap du milliard d’euros de vente, le commerce équitable consolide sa dynamique grâce à un taux de croissance de 22 % en 2018. « Nous sommes on ne peut plus satisfaits de cette progression », s’enthousiasme Marc Dufumier, président du collectif Commerce équitable France, lors d’une conférence de presse le 9 mai. Le chiffre d’affaires de l’ensemble des produits labélisés commerce équitable a ainsi atteint 1,3 milliard d’euros en 2018. Deux tiers des produits proviennent des filières internationales et un tiers est « origine France ».

« 2 018 est une belle année », se réjouit Blaise Desbordes, directeur de Max Havelaar, premier organisme certificateur du commerce équitable. Un succès rendu possible par la montée en puissance de la grande distribution. De plus en plus, de produits labellisés y sont référencés et plus visibles pour les consommateurs.

Mieux référencé en grande surface

« On sort d’une niche pour devenir la norme. Nos produits ne sont plus en bas à gauche des rayons. Ils sont désormais bien positionnés dans les linéaires des grandes surfaces, assure Blaise Desbordes. Certains distributeurs passent même une catégorie complète de produits en commerce équitable. » C’est le cas, par exemple, de Monoprix dont l’ensemble des bananes commercialisées par l’enseigne est labellisé commerce équitable.

« Les distributeurs sont en train de changer leurs pratiques de référencement », témoigne également Julie Stoll, déléguée générale de Commerce équitable France. Les derniers chiffres du collectif montrent que, pour les filières internationales, la part des grandes surfaces dans les ventes de produits issus du commerce équitable est passée de 42 à 49 % en seulement un an. « C’est un frein majeur à notre développement qui est en train d’être levé, rapporte-t-elle. D’autant plus que le rôle du distributeur est important pour susciter des conversions vers le commerce équitable. »

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Plébiscité par les jeunes

Une autre tendance pouvant porter le commerce équitable est l’intérêt de la jeune génération. Si elle se lève pour porter la voix de l’urgence climatique, elle plébiscite également le commerce équitable. Un sondage OpinionWay pour Max Havelaar France montre que 87 % des 15-25 ans considèrent le commerce équitable comme un moyen de lutte contre les inégalités dans la mondialisation économique. Certes, leur pouvoir d’achat est limité mais ce sont des influenceurs. « La dynamique du commerce équitable va continuer d’être portée par les jeunes générations, certifie Blaise Desbordes. Ce n’est pas une tendance conjoncturelle mais bien structurelle. »

Si les perspectives de croissance du commerce équitable sont encourageantes, c’est aussi que le secteur part de loin. Le panier moyen par habitant s’établit à seulement 19 euros par an. Un chiffre « encore dérisoire », convient Marc Dufumier mais qui a triplé en six ans. Le potentiel de développement est donc bien là : « Avec 19 euros par habitant, le pouvoir de la carte bleue peut encore être activé », résume Gérald Godreuil, délégué général de la fédération Artisans du monde.

« Les distributeurs sont en train de changer leurs pratiques de référencement »

« La dynamique du commerce équitable va continuer d’être portée par les jeunes générations »