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Inaporc/conflit Le conflit persiste sur l’étiquetage de l’origine de la viande

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Les discussions sur l’étiquetage de l’origine des viandes de porc ont à nouveau échoué la semaine dernière au conseil d’administration de l’interprofession Inaporc. En conséquence, un blocage des financements de l’interprofession est annoncé du côté des éleveurs bretons (CRP Bretagne), des coopératives (Coop de France) et des abatteurs découpeurs (Sniv-SNCP).

Les éleveurs porcins voudraient que les consommateurs français puissent privilégier, s’ils le souhaitent, le porc né et élevé dans l’Hexagone, mais cela n’enthousiasme pas vraiment tous les industriels et les représentants de l’interprofession Inaporc ont constaté qu’un accord sur la mise en place d’une telle mention sur les emballages de viande et de charcuterie n’était pas possible.
Une avancée a pourtant été obtenue de la part des salaisonniers. La FICT (Fédération des industriels de la charcuterie-salaison) est d’accord pour compléter les mentions « fabriqué », « élaboré », ou « transformé en France » avec l’indication de provenance des viandes utilisées, explique-t-elle dans un communiqué. Cela étant, cette proposition ne concernerait que les supports promotionnels, mais pas les emballages des produits. Les industriels de la seconde transformation, rappelant le caractère volontaire de l’indication de l’origine en termes de réglementation, jugent que « cette mesure ne peut pas être généralisée dans le contexte actuel de la concurrence européenne » dès lors que la réglementation sur l’étiquetage édictée par Bruxelles ne crée nullement une telle obligation.

La FICT isolée
Pour les industriels de l’abattage (Sniv-SNCP), « les propositions formulées par la FICT de limiter l’indication d’origine aux seuls tracts promotionnels de la grande distribution n’étaient pas acceptables. Le consommateur doit connaître la provenance des viandes et produits de charcuterie qu’il achète. Il faut mettre fin aux tromperies des mentions « transformé en France » ou « élaboré en France » pour des produits fabriqués à partir de viandes espagnoles ou allemandes. Dans chacun des pays de l’Union, ajoute le Sniv-SNCP, en période de crise, les filières porcines font preuve de solidarité avec leur production en privilégiant l’origine nationale, seule la France ferait exception ? Le débat qui agite aujourd’hui Inaporc sur l’indication d’origine revêt une importance stratégique essentielle pour l’interprofession comme pour la filière ». Le SNIV-SNCP dit « valoriser exclusivement la production porcine française » et vouloir « faire aboutir ce dossier prioritaire. Face à cette situation de blocage, soit la FICT rejoint ses partenaires sur l’accord, soit le Ministre de l’Agriculture devra mettre en œuvre les dispositions qu’il a fait adopter dans le cadre de la LMA, en rendant obligatoire par décret l’étiquetage d’origine sur l’ensemble des produits de charcuterie », conclut le syndicat des abatteurs.
De son côté, la Fédération nationale porcine dénonce le « double langage » des distributeurs dans la mesure où la FCD « accepte de signer un accord sur l’origine mais ne l’appliquera pas sans consensus interprofessionnel ». Les éleveurs annoncent, dans un communiqué de la FNP, des actions « dès la fin de semaine prochaine ». Celles-ci ne viseraient pas uniquement des entreprises de charcuterie-salaison, comme les jours précédents, mais aussi des grandes surfaces.

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