La 20e Journée filière blé dur, organisée par Arvalis le 8 février, a souligné l’attente de pâtes locales et durables chez le consommateur, au vu d’une étude BVA Earth de 2016. En effet, 53 % des sondés se déclarent prêts à « payer un peu plus cher » pour des pâtes fabriquées à partir de blé dur français, 45 % pour des pâtes fabriquées en France ou dans leur région, 50 % pour des pâtes issues de modes de production plus respectueux de l’environnement, a détaillé le directeur de clientèle Régis Olagne, en charge du développement durable à l’institut de sondage.
Pour conforter la filière du blé dur, les consommateurs priorisent quatre dimensions : l’origine locale (62 %), une alimentation saine (56 %), la préservation des ressources naturelles (54 %), le maintien des emplois (45 %). Leurs préoccupations sur l’origine visent d’abord à garantir un blé dur français dans les usines de l’Hexagone (54 %), le revenu des agriculteurs (52 %), développer les filières locales (50 %). Sur le volet durabilité, il s’agit en priorité de réduire la consommation de phytos (72 %), d’engrais (64 %) et l’irrigation (44 %). Si les pâtes et les graines de couscous bénéficient d’une « très bonne image », les démarches permettant de renforcer l’accès à une alimentation saine et de préserver l’environnement constituent « une piste de valorisation à approfondir », a estimé Régis Olagne.
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Reste que la filière du blé dur peine à décoller, malgré un plan de relance adopté en 2015. Les surfaces ont rechuté l’an dernier et se stabiliseraient à 364 000 ha (semis d’hiver) en 2018, d’après les estimations du ministère de l’Agriculture. « On n’a pas l’augmentation de surface telle qu’imaginée », a reconnu face à la presse Jean-François Gleizes, président du comité de pilotage de la filière blé dur. Le plan de relance vise 600 000 ha d’ici à 2025. « Plutôt que de se focaliser sur les mauvaises années de récolte, l’agriculteur doit considérer la chance d’avoir une filière nationale très structurée avec de grandes marques », a jugé Bernard Skalli, président du CFSI (semoulerie).
La filière du blé dur peine à décoller, malgré un plan de relance adopté en 2015