Estimant que la Commission de Bruxelles ignore les avertissements des éleveurs, les organisations et coopératives agricoles de l'UE réunies au sein du Copa-Cogeca ont décidé de se retirer de la Plateforme européenne sur les grands carnivores.
Les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) ont annoncé, dans une lettre adressée le 13 février au commissaire européen à l'environnement, Karmenu Vella, leur décision « d'arrêter leur participation aux travaux » de la Plateforme sur la coexistence entre les humains et les grands carnivores. Réunissant les représentants au niveau de l'Union des agriculteurs, éleveurs (y compris les éleveurs de rennes), propriétaires terriens, chasseurs, scientifiques et écologistes, celle-ci a tenu sa première réunion le 10 juin 2014 (1). Son objectif est de résoudre les conflits liés aux attaques de grands carnivores (loups, ours bruns, lynx d'Eurasie, gloutons) contre des troupeaux.
La directive Habitats au coeur du problème
« Nous avions adhéré à la plateforme car nous pensions que cela permettrait d'apporter des réponses. Toutefois, aucune solution n'a été trouvée », déplore, dans un communiqué, le secrétaire général du Copa-Cogeca, Pekka Pesonen. « La plateforme se concentre sur les bonnes pratiques afin de préserver les grands carnivores au lieu d'essayer d'identifier des solutions pour améliorer la situation des communautés rurales de ces zones. C'est inadmissible. Les attaques contre les troupeaux sont en augmentation, notamment dans des pays comme la France, la Finlande et la Suède. Elles occasionnent de très importantes pertes de production et de revenus et menacent la subsistance des agriculteurs ».
« La mise en œuvre de la directive Habitats elle-même empêche de trouver des solutions aux conflits résultant de la présence de grands carnivores. Il est primordial de la faire évoluer. On ne peut plus uniquement se concentrer sur les mesures de protection » ajoute le secrétaire général du Copa-Cogeca (2).
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« Avec la décision des services de la Commission de juillet 2014 de soutenir financièrement un contractant allant au-delà du support technique de la plateforme, celle-ci est devenue un forum conduit par la Commission plutôt qu'un forum pour un dialogue ouvert et constructif entre les parties prenantes », regrettent aussi, dans leur lettre, les organisations et coopératives agricoles de l'UE.
(1) Voir n° 3452 du 16/06/14
(2) Voir n° 3451 du 09/06/14