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Concurrence Le Copa-Cogeca veut mettre en débat la pression des distributeurs

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Les agriculteurs européens et leurs coopératives, à travers le Copa-Cogeca, préparent un séminaire à Bruxelles destiné à identifier les meilleurs moyens de rééquilibrer les rapports producteurs/distributeurs de produits alimentaires.

De nombreux agriculteurs s'inquiètent face à la puissance d'achat des distributeurs et des transformateurs de produits agricoles que l'on a vu s'accroître ces dernières années. Pour débattre de ce phénomène, le Copa-Cogeca (syndicat européen des agriculteurs et des coopératives agricoles) a décidé d'organiser les 3 et 4 mai à Bruxelles une conférence visant à évaluer l'ampleur de ce mouvement de concentration des distributeurs et à chercher des solutions susceptibles de rééquilibrer les rapports de forces au sein de la chaîne alimentaire.

Les agriculteurs et les membres des coopératives agricoles européennes ressentent un net déséquilibre au sein de la chaîne d'approvisionnement et estiment qu'il y a quelque part des abus de pouvoir. « L’existence de ces abus de pouvoir et leurs mécanismes restent à mettre en débat», indique Paulo Gouveia, membre du Cogeca. La rencontre de mai prochain à Bruxelles devrait, selon lui, se pencher sur la façon dont ce pouvoir est exercé, au travers de « politiques de réduction déraisonnée » du prix au producteur et aux transformateurs. D’aucuns affirment que ce phénomène de pression sur les prix a pris de plus en plus d'importance avec la mise en œuvre de la nouvelle PAC, dans le cadre de laquelle les agriculteurs doivent être « davantage orientés vers le marché et tirer la plupart de leurs revenus de ce même marché ».

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Conscients qu'il ne sera jamais possible de rééquilibrer le poids de chaque entité, les responsables du Copa-Cogeca estiment toutefois qu'il est « urgent de mettre en place les conditions pour que tous les maillons de la chaîne alimentaire, petits ou grands, puissent prospérer sur un pied d'égalité ». Il s’agit, selon eux, d'examiner quelles sont les meilleures solutions pour mettre en place un cadre permettant aux fournisseurs et à leurs clients de construire une « relation de travail servant la rentabilité et les avantages des deux parties, tout en répondant aux demandes du marché et aux demandes et besoins des consommateurs ».

« R.A.S. » du côté de la DG Concurrence

Les autorités chargées de la concurrence au niveau national et communautaire estiment qu’elles ne devaient pas intervenir dans ces jeux de pouvoir, à moins qu'il n'y ait des preuves claires d'abus de position dominante de la part des transformateurs/distributeurs ou qu'il y ait des signes de collusion entre plusieurs maillons de la chaîne d’approvisionnement qui entravent le bon fonctionnement du marché. « Jusqu'à présent la DG « Concurrence » de la Commission européenne a adopté cette approche qui veut que tant que le consommateur n'est pas mis en péril, c'est que tout va bien au sein du Marché unique . C'est une vision tout à fait réductionniste des choses», s'indigne Paulo Gouveia. En présentant leurs doléances, agriculteurs et coopératives, y compris de transformation, espèrent, selon lui, « voir dans quelle mesure la DG Concurrence pourrait faire preuve d'une vision légèrement différente ». Il annonce qu'à l'occasion de la conférence de mai prochain sera présentée une étude évaluant la situation en cours notamment en ce qui concerne l'extension du phénomène de la puissance d'achat des distributeurs et quels secteurs sont les plus touchés. D'après le responsable du Copa-Cogeca ce serait le secteur des fruits et légumes qui souffrirait le plus de la politique de réduction de prix et de l'allongement des délais de paiement des distributeurs.