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Le « coup de gueule » de Philippe Mangin

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Plutôt que de livrer un simple exposé sur la vie de la branche coopérative au sein de la CNMCCA, Philippe Mangin rompait, le jeudi 12 au matin, avec les traditions et se livrait à un discours très politique, très inspiré, voire autocritique pour un élu du monde agricole, tout en abordant des questions plus générales.

« Ces peurs, cet immobilisme qui caractérisent la société n’épargne pas l’agriculture et les agriculteurs, constatait le président de Coop de France. Nous aussi savons que des réformes sont incontournables pour notre secteur, et nous aussi sommes parfois les premiers à tenter de les éviter ou de les ralentir. »

« Nous savons par exemple, poursuivait Philippe Mangin, qu’il y a trop de prélèvements effectués dans les exploitations agricoles et nous sommes encore prêts à instaurer de nouvelles cotisations volontaires obligatoires (CVO) sans en supprimer d’autres ! Nous savons qu’il y a maintenant trop d’organisations agricoles, et nous avons un mal fou à les regrouper, je pourrais vous en parler longuement. Tout cela, parce que nous aussi, nous ne prenons pas assez le temps d’être pédagogues auprès des agriculteurs, et méfions nous d’ailleurs qu’ils ne deviennent pas plus réformateurs que nous ! En tous cas, dans la coopération agricole, je sens ce risque – si c’en est un – pointer. »

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Apprès avoir évoqué la question européenne, Philippe Mangin évoquait la situation de l’industrie française. : « L’agroalimentaire français a beaucoup d’atouts que n’ont pas nos partenaires, mais il cultive avec obstination les handicaps. L’agriculture et ses méthodes de production font l’objet de tous les commentaires, … trop rarement des nôtres… Notre communication est donc très insuffisante et c’est le cas pour la Coopération dont les valeurs, les réussites, l’efficacité sont moins connues que les quelques déviances, que le monde agricole est paradoxalement le premier à montrer du doigt. »

« Nous venons encore de le vérifier dans la préparation du projet de loi d’orientation agricole, alors même que nous sommes confrontés, dans les secteurs du lait, du porc et de la viticulture, à des crises d’une immense gravité et dont nous n‘avons pas encore mesuré toute l’ampleur. »

« Il faut donc regrouper les acteurs, restructurer pour fermer les outils les moins compétitifs, créer des alliances commerciales et industrielles, fusionner des coopératives entre elles : il en va de l’avenir de l’agriculture de régions entières. »