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Le coût du libéralisme

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La Commission européenne vient de décider d’un deuxième plan de soutien à l’agriculture, principalement destiné aux producteurs de lait. Ce plan, destiné principalement à inciter et compenser une réduction de la production laitière, pourrait coûter pas moins d’un milliard d’euros si les pays membres décident d’actionner le cofinancement de la mesure. Un précédent plan a déjà coûté presque autant. Combien coûtera un troisième ?

Tout cela pour compenser les effets ravageurs de la suppression des quotas laitiers. Qui, lorsqu’ils existaient, ne coûtaient quasiment rien.

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Ces milliards servent à quoi ? À compenser, pour des producteurs de lait, le coût d’une idéologie du libéralisme absolu. Et, plus prosaïquement, à financer la possibilité pour quelques producteurs de lait du nord de l’Europe, de tirer le maximum de leurs troupeaux. En supprimant les quotas, a-t-on rendu service aux industriels du lait en général, qui croyaient pouvoir compter sur une matière première moins cher ? Ce n’est pas sûr, tant la zizanie est grande aujourd’hui en matière de concurrence. Les entreprises ont besoin de stabilité et de visibilité. Pas forcément d’approvisionnement aux prix les plus bas.

Une stratégie plus judicieuse aurait pu être de faire varier les quotas en fonction de la situation des marchés mondiaux. On connaît l’impact, en matière d’offre, d’une petite variation de quotas. Et surtout on évite une baisse drastique des prix qu’il faut ensuite politiquement compenser.