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Financement Le « crowdfunding » gagne le monde agricole

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Le financement participatif ou crowdfunding se généralise dans le monde agricole. Il s'agit de financer l'activité agricole par une multiplicité d'apports individuels, soit à travers des parts, des prêts avec ou sans taux d'intérêt ou sous forme de don contre don.

Avec le développement du crowdfunding le financement n'est plus la chasse gardée du secteur bancaire ou financier. Désormais, il est possible de soutenir des projets agricoles par le biais du financement participatif. Ce mode de financement est encadré par la loi du 31 juillet 2013 relative à l'économie sociale et solidaire. Ce secteur est très largement accompagné par le gouvernement qui y voit une manière de dynamiser l'économie. Depuis 2013, le crowdfunding devient petit à petit un outil utilisé par les agriculteurs pour cofinancer leur projet. Exemple : le domaine Rozel, à Valaurie, qui possède 30 ha de vignes et 60 ha de céréales et lavandes bio dans le sud de la Drôme, a lancé une opération de financement participatif pour replanter une ancienne parcelle sur un ha environ. Il a réuni, fin 2014, 11 000 €. Le principe : proposer aux internautes de parrainer un pied de vigne de la plantation de cépage roussane. Au départ, Mathieu Rozel, l'exploitant, a initié ce projet pour fêter l'anniversaire du domaine Rozel, créé en 1464, et permettre aux amateurs, en fonction de leurs moyens, de participer à une aventure humaine : « L'idée était de trouver un événement qui permette de mobiliser nos clients et plus largement notre réseau qui semblait intéressé par cette démarche. La campagne de financement a été lancée sur le plateforme kisskissbankbank.com. L'objectif de récolter 9 000 € en trois mois, du 1er avril à fin mars 2014, a été dépassé. » En contrepartie, pendant trois années, les 60 contributeurs vont suivre étape par étape la vie de leur parcelle, de la taille jusqu'à la première vendange et surtout, pour ceux qui ont contribué plus largement jusqu'à 500 €, ils recevront jusqu'à 36 bouteilles avec leur nom inscrit sur l'étiquette. Le domaine Rozel souhaite créer une cuvée spéciale avec un étiquetage propre. Il existe, aujourd'hui, un site propre dédié au secteur viticole « fundo vino ».

31 500€ d'apports associatifs

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Pour lancer leur association en 2011 « Malteurs échos » en Ardèche, trois jeunes porteurs de projets font appel à un financement participatif sous forme d'apports financiers au fond associatif avec droits de reprises et de dons. « Nous nous sommes inscrits dans une démarche d'économie sociale et solidaire. Les apports associatifs représentaient 43% du capital, soit 31 500 €. Concernant le sujet du financement participatif en lien avec Malteurs Echos... nous ne sommes pas directement sur “l'effet de mode ou de nouveauté” du crowdfunding dans le sens où l'on ne pré-vend pas X produits ou services pour financer la création de l'entreprise et faire effet de levier auprès des financeurs “classiques/bancaires”. Nous avions, depuis le début de Malteurs Echos à la fois l'envie d'intégrer les parties prenantes de la filière brassicole, du champ à la chope, pour construire avec nous la malterie, pour qu'elle devienne un outil pour la filière et le territoire », indique Guillaume Bourdon, gérant de la coopérative SCIC, créée fin novembre 2014. La coopérative Malteurs Echos regroupe 50 sociétaires en 2015. Le financement participatif pourrait à l'avenir financer davantage d'agriculteurs. L'idée est de solliciter auprès du grand public un soutien financier sous forme de « don contre don » à destination d'un porteur de projet. C'est dans cette mouvance qu'a été créé en octobre 2014, Miimosa, le premier site de financement participatif dédié au secteur agricole et agroalimentaire. Vous avez un projet et vous avez besoin d'un coup de pouce ? Il vous faut définir le montant dont vous avez besoin ainsi que la durée de la collecte ( 90 jours maximum). La plateforme internet mimosa.com de récolte de fonds accompagne 10 projets en janvier 2015. Le fondateur et président du site, Florian Breton, 31 ans, petit-fils de vigneron, a pour ambition de financer 1 000 projets en 2017. « Les projets à financer se situent dans une fourchette de 3 000 € à 15 000 €. On accompagne le porteur, on personnalise la démarche. On accueille un projet d'élevage caprin en Champagne Ardenne. Sylvie Jacquinot a besoin de 12 000 € pour financer l'aménagement d'une stabulation et l'équipement de transformation pour le fromage frais. Elle propose, en contrepartie, une initiation au métier de chevrier pendant une semaine avec hébergement et repas. » La force de Miimosa : le site s'appuie sur 5 partenariats, le ministère de l'agriculture, la FNSEA, les chambres d'agriculture, la Fnab et les JA. Florian Breton estime le marché français du crowdfunding entre 150, et 160 millions € en 2014 et en 2020 à 6 milliards €. « L'agriculture et l'agroalimentaire n'ont pas encore pris le virage du crowdfunding » explique-t-il. (PLB)