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Parité syndicale Le CSA envisage de moderniser l’attribution des temps d’antenne

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Le CSA a décidé d’ouvrir le débat sur les méthodes d’attribution de temps de parole dans les émissions d’expression directe. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait accordé le 10 janvier dernier des temps de parole à la FNSEA, provoquant ainsi la colère de la Confédération paysanne. Le syndicat majoritaire a refusé ce privilège afin de désamorcer la polémique. Le CSA a par ailleurs invité les organisations professionnelles agricoles en février afin de faire évoluer le système d’attribution ici mis en cause.

Le CSA a décidé d’engager à partir du mois de février 2013 une grande concertation avec les diffuseurs (France Télévision et Radio France) et les organisations syndicales et professionnelles pour moderniser les émissions d’expression directe. Au cours de cette modernisation, l’attribution du temps d’antenne aux organisations professionnelles pourrait évoluer. Une réunion qui arrivera quelques semaines après la polémique qui a émergé dans le monde agricole. Le 10 janvier dernier, le CSA a fait publier au Journal officiel les temps d’expression directe accordés aux organisations syndicales : parmi l’ensemble des organisations professionnelles agricoles, seule la FNSEA en bénéficiait. « Une telle décision ne prend pas en compte la représentativité nationale des autres syndicats agricoles », dénonçait alors la Confédération paysanne dans un communiqué de presse. Et pour l’organisation professionnelle, le « plus grave » était que des temps d’antenne aient été accordés à la FNSEA les 15 janvier (sur France2), 18 janvier (France5) et 19 janvier 2013 (France3), « soit juste avant le début du vote par correspondance pour les élections aux chambres départementales d’agriculture ».

La FNSEA renonce à ses temps de parole

Afin de désamorcer la polémique, Xavier Beulin, président de la FNSEA, a donc demandé au président du CSA, dans un courrier du 14 janvier, de reporter les temps d’antenne accordés à son syndicat. « Nous regrettons d’en arriver là, mais nous préférerons toujours l’esprit de responsabilité à la facilité », explique le président de la FNSEA dans son courrier. « Il y aura toujours des organisations qui veulent polémiquer pour le plaisir de polémiquer… sur ces sujets positifs et porteurs », assène par ailleurs Xavier Beulin.

La loi du côté de la FNSEA

La décision du CSA s’appuie pourtant sur un texte de loi en vigueur depuis plus de 30 ans : « L’article 55 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication prévoit que le CSA attribue chaque année un temps d’émission aux organisations syndicales et professionnelles représentatives à l’échelle nationale », explique Christine Kelly, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel. « Au vu des résultats obtenus lors des dernières élections des membres des chambres d’agriculture en 2007, la FNSEA est l’organisation professionnelle qui a recueilli le plus grand nombre de suffrages (environ 55 %) », justifie-t-elle. Néanmoins, le communiqué de la Confédération paysanne a permis d’ouvrir le débat. Les émissions ont donc été reportées, et rendez-vous a été pris avec Philippe Collin, porte-parole de l’organisation professionnelle, le 22 janvier prochain, pour faire le point sur cette question. La Confédération paysanne, la Coordination rurale, ainsi que les Jeunes agriculteurs sont par ailleurs invités à participer aux travaux qui débuteront en février pour examiner les modalités permettant d’assurer un meilleur accès aux antennes.

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