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Négociations de l’OMC Le cycle de Doha n’est pas une priorité américaine pour l’instant

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Les Etats-Unis vont d’abord s’occuper de la stabilisation de leur économie, et obtenir la confirmation par le Congrès des personnalités nommées aux postes clefs de l’administration, avant de s’intéresser vraiment au cycle de Doha, selon le secrétaire américain à l’agriculture, Tom Vilsack. A Genève, Crawford Falconer, qui préside des négociations agricoles de l’OMC, devait s’efforcer le 12 février de relancer les travaux lors d’une réunion informelle des membres de l’organisation.

«L’essentiel de notre attention, au moins à court terme, sera consacrée à mettre l’économie dans la bonne direction », a déclaré le 9 février Tom Vilsack. De plus, « je ne m’attends pas à ce que nous nous focalisions spécifiquement sur le cycle de Doha pendant un certain temps, jusqu’à ce que nous ayons nos gens bien en place et jusqu’à ce que la loi de relance soit passée et commence à être mise en œuvre », a ajouté le secrétaire américain à l’Agriculture.

Le Sénat n’a pas encore tenu les auditions de confirmation des personnes nommées par Barack Obama aux postes de secrétaire au commerce et de représentant pour le commerce, respectivement le sénateur républicain Judd Gregg et l’ancien maire de Dallas, Ron Kirk.

Promouvoir les accords commerciaux bilatéraux

« Une fois que cela sera fait, je pense que vous assisterez, de notre part, à un effort combatif sur le commerce, a poursuivi M. Vilsack. Ce ne sera pas facile. Le reste du monde continue de nous questionner sur la façon dont nous octroyons les subventions aux agriculteurs et de nous demander si cela fausse le marché ». Les pourparlers commerciaux deviennent « plus larges qu’ils ne l’ont été dans le passé », a aussi estimé le le secrétaire américain à l’agriculture, relevant que l’environnement et les normes du travail sont maintenant sérieusement pris en considération.

Dans le même temps, a-t-il annoncé, l’administration continuera à promouvoir les accords commerciaux bilatéraux, à rechercher les moyens d’accroître les débouchés pour les produits américains et à encourager les pays tiers à importer plus de bœuf américain.

« Guerre du roquefort » : pas d’avancée

Le ministre français de l’Agriculture Michel Barnier, venu à Washington le 9 février rencontrer son homologue américain, Tom Vilsack, a affirmé ne pas sentir l’administration de Barack Obama prête à faire un pas pour éviter que le roquefort ne soit frappé par des droits de douane prohibitifs. « Je ne peux pas dire que j’ai senti un mouvement sur des sujets où nous avons entre Européens et Américains des contentieux ou des désaccords », a-t-il déclaré à la presse.

L’administration de George W. Bush avait décidé peu avant son départ, en janvier, de porter à 300 % les droits de douane sur le roquefort à partir du 23 mars et de porter à 100% ceux sur d’autres produits européens, en réponse au refus persistant de l’UE d’importer du bœuf aux hormones. La France avait alors annoncé son intention d’introduire avec la Commission de Bruxelles un contentieux devant l’OMC.

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Interrogé pour savoir s’il espérait que l’administration Obama revienne sur cette décision, M. Barnier a répondu : « Franchement, je ne peux pas dire ça aujourd’hui ». « J’espère qu’à force de se parler avec cette nouvelle administration, nous aboutirons à aborder cette question de manière plus constructive », a-t-il expliqué.

M. Barnier a par ailleurs relevé que M. Vilsack avait « un nouvel état d’esprit vis-à-vis de questions importantes pour nous (les Européens) comme, quand on parle de commerce, la prise en compte du développement durable, de l’environnement, de la sécurité écologique, des droits sociaux ».

Appel à une nouvelle libéralisation du commerce

Les directeurs généraux de cinq organisations économiques internationales se sont engagés le 5 février à Berlin à renforcer leur coopération dans un contexte de très fort ralentissement économique, tout en exhortant les pays à résister aux tentations protectionnistes.

« Malgré l’état de crise de l’économie mondiale, tous les pays ont le devoir de résister aux tentations protectionnistes, de travailler ensemble à une nouvelle et substantielle libéralisation du commerce mondial et de s’assurer que les plans de relance ne perturbent pas les échanges », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

Les signataires du texte sont les directeurs généraux du Fonds monétaire international (FMI), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de la Banque mondiale, de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) et de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Les dirigeants de ces institutions ont rencontré la chancelière allemande Angela Merkel qui a également signé le communiqué commun.