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Campagne Le débat présidentiel ignore la ruralité, selon le Groupe monde rural

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Les candidats à la présidentielle auraient un point commun : ils ont oublié le monde rural, a déploré mercredi 15 février, le président du GMR, Daniel Prieur, lors d’une conférence de presse au Sénat.

«Pour la force tranquille, François Mitterrand posait sur son affiche devant un paysage avec un clocher. Pour la fracture, Jacques Chirac avait beaucoup parlé des pommes. Autrefois, les candidats parlaient de la ruralité », a rappelé, à l’issue d’une conférence de presse Daniel Prieur, le président du Groupe monde rural (GMR), une association qui réunit des organisations professionnelles, des réseaux associatifs et des élus de la campagne française. Aujourd’hui, si les maires ruraux sont pleinement sollicités pour apporter leurs parrainages aux futurs candidats, la ruralité fait en retour figure d’« oubliée » de la campagne présidentielle, a constaté le secrétaire général adjoint de la FNSEA : « À part Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT) et un peu François Bayrou du Centre, pour les autres, c’est plutôt creux ». Pourtant, a-t-il poursuivi, le poids de la ruralité, « c’est 11 millions de personnes, soit 18% de la population française. C’est aussi 33 800 communes de moins de 3 500 habitants et un paquet d’emplois non délocalisables ».

Le haut débit sur tout le territoire d’ici 2015

Face à cet oubli, le GMR a souhaité stimuler les candidats en matière de ruralité avec un manifeste de rappel et douze propositions pour « une politique rurale durable ». Parmi ses priorités, l’association souhaite que les postulants s’engagent à freiner l’étalement urbain « qui conduit à la disparition inconsidérée d’espaces naturels et agricoles », à instaurer, dans le cadre d’une réforme de la fiscalité, « une meilleure péréquation et un rééquilibrage de la dotation globale de fonctionnement en faveur des petites communes », à déployer le haut débit sur tout le territoire d’ici 2015, ainsi qu’à encourager les étudiants en médecine à pratiquer en zone rurale. Il entend aussi inciter le futur président à se prononcer en faveur d’une simplification des normes. « Il faut également enrayer le déclin de l’animation et de l’ingénierie publique – dans les domaines technique, financier, social et de gestion – consécutif à la réorganisation des services territoriaux de l’Etat ». Toutes ces mesures sont désormais entre les mains des candidats qui, dans la perspective du Salon international de l’agriculture, exprimeront, peut-on s’y attendre, dans les prochains jours, leurs engagements à l’égard du monde rural.

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