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Elections législatives Le défi électoral du ministre Stéphane Le Foll, candidat dans la Sarthe

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Comme vingt-quatre autres ministres du gouvernement Ayrault, Stéphane le Foll a décidé de relever le défi des législatives. Une course lancée avant sa nomination au ministère de l’Agriculture.

Stéphane Le Foll n’est pas du genre à renoncer. Aussi, quand Jean-Marc Ayrault a prévenu que remporter les législatives serait la condition exigée pour qu’un ministre conserve ses portefeuilles, le Manceau d’origine bretonne n’a pas reculé. Au contraire, il a accéléré la cadence en annonçant officiellement, le 18 mai, sa candidature dans la quatrième circonscription de la Sarthe. Reste à comprendre pourquoi l’homme a mis dans ses pas une suppléante quasi inconnue. Quand on sait que c’est elle qui occupera le fauteuil de député si lui est élu, le choix de son second était prépondérant. C’est ainsi à Sylvie Tolmont que la lourde tâche de convaincre va essentiellement revenir durant cette campagne. Adjointe au maire de la commune de Fay, la jeune femme est impliquée dans le Parti socialiste depuis plusieurs années. Elle était notamment l’animatrice départementale du PS durant la campagne de la présidentielle. On notera parmi les ministres que seul un a eu le souci de la clarté en plaçant son suppléant en tête de liste : il s’agit de Michel Sapin, le ministre du Travail, en deuxième position sur la liste de Jean-Paul Chanteguet.

« Je mets lourd dans la balance »

Stéphane Le Foll va dans tous les cas devoir batailler ferme dans la 4e circonscription de la Sarthe. Annoncé comme l’un des représentants du gouvernement les plus menacés, l’ancien professeur œuvre en effet dans la circonscription de François Fillon. Et si la figure UMP a décidé de déserter les terres ligériennes pour conquérir la capitale, la partie n’est pas gagnée pour Stéphane Le Foll opposé à Marc Joulaud, le député-maire de Sablé-sur-Sarthe. En 2007, le ministre de l’Agriculture avait en effet été évincé dès le premier tour des législatives en recueillant 30,22% des voix (53,3% pour Fillon). Seuls les résultats de la présidentielle peuvent le rassurer, puisque François Hollande a terminé en première position avec près de 53% des voix dans le département. « Je mets lourd dans la balance », a reconnu Stéphane Le Foll, tout en contre-attaquant : « C’est un nouveau choix qui est offert aux électeurs, un nouveau départ, une page s’est tournée avec François Fillon, maintenant il y a une autre page à écrire ». Celle d’un ancrage territorial pour ouvrir à une légitimité politique.

« Je vais tout faire pour franchir cette échéance »

D’ici aux 10 et 17 juin, comment un ministre peut parvenir à travailler sereinement quand il sait que tout peut s’arrêter ? « On y parvient, a répondu Stéphane Le Foll, en se disant que de toute façon le 17 juin, c’est une échéance. Je vais tout faire pour la franchir, même si je sais que ça n’est jamais gagné ». 6.541 candidats – dont 40 % de femmes – postulent cette année aux 577 sièges de l’Assemblée nationale. La campagne a officiellement débuté le 21 mai. Et depuis, le candidat à la députation, Stéphane Le Foll, a largement favorisé son cabinet rue de Varenne aux démarches de proximité dans son fief sarthois. Un choix peut-être calculé, puisque convaincre les agriculteurs, via leur syndicat par exemple, peut aider à glaner des voix habituellement acquises à droite.

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