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3 questions à Jean-Pierre Joly Le directeur du marché du porc favorable à la concentration de l’offre

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1,146 euro le kilo de porc vivant, c’est le prix moyen fixé en 2009 au MPB, marché du porc breton (Plérin, Côtes d’Armor). Son directeur, Jean-Pierre Joly nous explique en quoi cet exercice a été singulier.

Agra Presse : Comment décrivez-vous l’année 2009 de cotation du porc vivant qui vient de s’achever à 1,146 euro, soit 9,3 % en-dessous du coût de revient ?
Jean-Pierre Joly : C’est une année de crise supplémentaire, et une année atypique parce que les cours ont baissé alors que la production a reculé. Dans le cycle du prix du porc, c’est la première fois depuis 30 ans que ce phénomène se manifeste. La réduction de la demande mondiale a réduit les exportations. Lesquelles ont, en plus, été handicapées par un euro fort vis-à-vis du dollar. En France, la consommation estivale en viande de porc ne tire plus les prix l’été. Essentiellement parce que les promotions, habituelles toute l’année, cessent pendant cette période : le rayon est moins attractif pour le consommateur.

Comment les éleveurs finissent ce drôle d’exercice ?
Les éleveurs ne génèrent pas de nouveau déficit mais ne comblent pas les pertes des années précédentes. Ils finissent 2009 tout proche de l’équilibre puisque, compte tenu des primes qualité (14 cents par kilo en moyenne), le prix de vente moyen du kilo est tout près du coût de production (1,30 euro du kilo). Néanmoins, si le maillon de la production ne se prend pas en main, l’aval risque d’imposer ses prix à l’amont. Au Marché, 4 des 9 acheteurs enregistrés font 80 % des achats. En face, c’est Intitia qui fait office de premier vendeur avec 60 à 70 % de l’offre. Mais 75 à 80 % de la production est vendue en direct aux acheteurs.

Quelles solutions préconisez-vous ?
Que les groupements présentent plus d’animaux au marché, et que l’offre soit moins atomisée. Sinon la production ne se valorisera jamais. C’est d’autant plus urgent que les distorsions de concurrence en faveur de la filière porcine allemande fragilisent le porc en France.

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