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Jus de fruits Le dynamisme du marché ne se dément pas

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Les Français consomment toujours plus de jus de fruits. En 2006, ils se sont rapprochés de la moyenne européenne, plébiscitant les purs jus dont les fabrications ont progressé de 4,8 %. Globalement, le marché intérieur a progressé de 2,6 % comme les années précédentes. La forte hausse des coûts de matières premières n’a pas encore eu raison de ce dynamisme.

Troisième marché européen après l’Allemagne et le Royaume-Uni, le secteur français des jus de fruits a produit en 2006 environ 1,2 milliard de litres, soit 3 % de plus qu’en 2005, pour un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, selon les chiffres présentés par l’organisation professionnelle Unijus. Les volumes fabriqués en France par ses adhérents sont en hausse de 4,8 % pour les purs jus et les jus de fruits à base de concentré alors qu’ils sont en recul de 2 % pour les nectars de fruits (274 millions de litres).

Les consommateurs français, même s’ils consomment un peu moins que la moyenne européenne (24 litres par tête), et demeurent très loin des 40 litres par tête auxquels arrivent les Allemands, n’ont cessé d’améliorer leur score : celui-ci a atteint 23 litres l’an dernier contre 22,3 l un an plus tôt. Et ce, après avoir accru de 18 % leur consommation depuis dix ans et l’avoir multipliée par 8,5 en 25 ans.

En grande distribution, le débouché ultra-dominant à 90 % (dont 30 % pour le hard discount), les jus de fruits sont le premier marché des boissons rafraîchissantes sans alcool, avec 30 % de parts de marché. Leur progression chaque année (+ 2,3 % en moyenne depuis 1997) a d’ailleurs été plus rapide que celle des autres boissons.

Pour autant, ils risqueraient d’être pénalisés par l’impact très direct qu’a sur ce type de boissons la hausse des prix de la plupart des fruits utilisés. A commencer par l’orange dont les cours ont été multipliés par 2,5 depuis les ouragans de Floride en 2004. Pour l’heure, certains fabricants n’ont parfois pas eu d’autre choix, semble-t-il, que de prendre sur leurs marges…

Exception française

Une des caractéristiques du marché français est la part importante prise par les purs jus qui représentent 38,7 % du total en volume et 53 % en valeur. C’est le segment le plus dynamique depuis plus de dix ans et il permet à la fois la croissance et la valorisation du marché. Alors que les purs jus sont 100 % purs fruits pressés, sans sucre ajouté ni aucune autre adjonction avant d’être pasteurisés ou réfrigérés, les jus à base de concentrés sont reconstitués en remettant l’eau qui avait été extraite lors de la concentration : ils représentent 36,3 % des volumes consommés. Le quart restant est occupé par les nectars de fruits, constitués de jus ou de purée de fruits, d’eau, de sucre ou d’édulcorants.

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Autre particularité, nous consommons pour moitié des jus d’orange, ce segment progressant encore de 3 % en ce qui concerne les purs jus. Les ventes des entreprises françaises en jus d’orange, quel que soit le circuit, export compris, ont augmenté, elles, de 3,3 % pour atteindre 504 millions de litres. Mais la croissance est autrement plus forte du côté des jus multifruits (mélanges ou cocktails de fruits), en hausse de 9,6 % en GMS, pour atteindre 25 % du total. Les volumes produits ont bondi deux fois plus vite à plus de 126 millions de litres. Le jus de pomme, qui est numéro 1 en Allemagne, n’occupe chez nous, malgré sa croissance de 3,4 %, que 9 % du total.

Pour les nectars, la variété n°1 est là aussi l’orange, avec près de 100 millions de litres produits contre 42 M l pour les multivitaminés et près de 32 M pour les nectars multifruits. L’année 2006 a été également favorable aux nectars d’abricots, dont la production a progressé de 24 % à 12 M l et la poire, également +24 % à 4 M l.

Autre tendance, qui reste à confirmer, les jus de fruits ne se vendent plus seulement au rayon ambiant : ceux dont la durée de vie est très courte et que l’on trouve au rayon réfrigérés ont vu leur part de marché augmenter ces dernières années, mais elle n’est encore que de 13 % en volume et de 19 % en valeur.

Percée du PET

De même, les Français sont les grands adeptes des conditionnements carton sous format brique qui représentent déjà 60 % des ventes, mais progressent encore de 5,1 %. La nouvelle révolution passe maintenant par le plastique PET, qui a amélioré la durée de vie du produit et est apprécié pour ses qualités barrière et sa praticité. Ce mode de conditionnement a fait ainsi une forte percée ces derniers temps au détriment des bocaux de verre principalement : il a progressé de presque 30 % l’an dernier pour atteindre 13,6 % de part, talonnant les bocaux, qui reculaient de 8,6 % à 17,1 % du total. De même les briquettes, plutôt ciblées enfants, ont diminué de 2,3 %, faute de renouvellement.