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Banque/Financement Le financement de l’agroalimentaire au cœur des priorités du Crédit Agricole

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En 2010, le Crédit Agricole a annoncé, dans son projet de Groupe à 10 ans, son ambition de devenir le leader en Europe de la banque universelle de proximité, au service de tous ses clients. La banque a identifié quatre domaines stratégiques où elle souhaite s’engager plus particulièrement et durablement : le logement, l’agriculture et l’agroalimentaire, l’économie de l’environnement, la santé et la prévoyance. Un pôle agricole et agroalimentaire a ainsi été créé dont la direction a été confiée à François Moury. Agra Alimentation a voulu faire avec lui un bilan de la manière dont se met en place concrètement cette volonté d’être au plus près des industries alimentaires du pays.

Agra Alimentation : Pourquoi l’agroalimentaire est-il aujourd’hui l’un des axes stratégiques du Crédit Agricole ?
François Moury : L’agroalimentaire fait déjà partie des domaines d’excellence du Crédit agricole. La banque est historiquement impliquée dans ce secteur dont elle bénéficie d’une connaissance approfondie grâce à l’implication des Caisses régionales de Crédit agricole. Avec près de 40% de parts de marché financière et 55 % de parts de marché commerciale, nous sommes le premier partenaire financier des entreprises alimentaires françaises. En inscrivant l’agroalimentaire comme l’une de nos priorités stratégiques, nous réaffirmons notre ambition de continuer à être la banque de référence de ces entreprises dans un contexte de dérégulation de l’agriculture qui va profondément modifier les relations entre producteurs et transformateurs. Ces dernières vont devenir plus complexes. Les industriels vont devoir intégrer dans leur stratégie des nouvelles opérations qui vont au-delà d’un simple financement telles que des opérations de couverture sur les marchés des matières premières ou la contractualisation des achats en amont des récoltes.
Par ailleurs, l’agroalimentaire est un secteur clé de l’économie française, il en est l’un des premiers employeurs. Au quotidien, les Caisses régionales de Crédit agricole sont engagées dans le développement économique des territoires. En s’attachant à l’accompagnement des entreprises alimentaires, le Crédit agricole contribue activement à ce développement et préserve les emplois de ses clients.

Comment cela s’inscrit-il dans la stratégie de la banque ?
C’est une organisation au service de la banque universelle de proximité. En effet, dans le cadre de notre projet de groupe, qui recentre notre activité sur nos clients, l’objectif est d’apporter à ces derniers l’offre de services la plus large possible pour répondre à leurs besoins, faisant ainsi des Caisses régionales de Crédit agricole des véritables banques universelles de proximité. Le pôle agroalimentaire appartient donc à un dispositif global. Il vise à apporter des préconisations et à coordonner les experts du groupe. Il participe à la définition et à la mise en œuvre de stratégies de réponse client en concertation avec les Caisse régionales. Dans ce cadre, le pôle a deux missions majeures. Il met en relation les experts métiers du groupe pour apporter aux banquiers conseil et aux chargés d’affaires en région des solutions concrètes sur mesure, à même de répondre aux besoins de leurs clients. Il organise une veille économique et sectorielle permanente au service des entités du groupe. Ainsi, nous réaliserons des études de fond sur certaines filières spécifiques de l’agroalimentaire. Nous envisageons, ponctuellement, d’en publier le contenu, à l’instar de ce que font certains autres groupes bancaires.
En investissant dans l’agroalimentaire, le Crédit agricole s’inscrit dans une relation globale et durable. Il ne cherche pas une rentabilité immédiate. Cette stratégie prolonge l’engagement de la banque dans le financement de l’activité agricole. Notre souhait est de pérenniser une relation. Par exemple, lorsque nous sommes sollicités pour rejoindre un tour de table d’investisseurs ou pour en fédérer un, nous veillons à ce nos partenaires adoptent la philosophie qui est la nôtre, car nous sommes davantage une société de capital accompagnement que de capital risque.

Comment s’organisera la relation avec les entreprises alimentaires clientes de la Banque ?
Les Caisses régionales, et plus précisément les banquiers conseil dédiés et les chargés d’affaires présents sur les territoires, sont et resteront le pivot et le point d’entrée de la relation avec les clients du secteur agroalimentaire. Leur rôle est même renforcé. Le pôle agroalimentaire, qui est totalement transparent pour l’entreprise, joue un rôle de coordinateur de toutes les expertises du groupe.

Quels sont les impacts d’une telle organisation sur les possibilités de financement de la banque ?
Les besoins et la taille des entreprises du secteur agroalimentaire sont très hétérogènes et les attentes de ces dernières sont donc variées et diversifiées ; certaines d’entre elles souhaitent s’adjoindre de nouveaux partenaires, nouer des alliances ; d’autres ont l’ambition et les moyens de se développer à l’international et d’aborder de nouveaux marchés. Quant aux plus modestes, elles pérennisent une présence régionale voire locale… Le groupe souhaite être la banque de référence de l’ensemble de ces sociétés, quelles que soient leurs tailles et leurs ambitions. Pour ce faire, il dispose, avec les experts de Crédit agricole CIB, d’Idia-Sodica, de Crédit agricole CIF, de Crédit Agricole Assurances ou encore en s’appuyant sur le réseau de banques du Groupe en Italie, Ukraine Pologne…. de services et de moyens pour accompagner les entreprises de toutes tailles lors d’opérations de recapitalisation, de levées de fonds, de cessions ou d’acquisitions, d’investissements industriels, de développement national ou international…
Par ailleurs, le Groupe a encore des chantiers sur lesquels s’investir. Par exemple, la question de la transmission des entreprises agroalimentaires n’a pas été suffisamment prise en compte. Les meilleures transmissions sont celles qui ont été anticipées longtemps à l’avance. La banque se doit d’être proactive, car les successions ont un impact économique et patrimonial important tant pour les chefs d’entreprise que la banque.
Avec cette organisation, nous souhaitons améliorer notre conseil et notre capacité de financement, dans le respect de nos parts de marché. Les banquiers conseil et les chargés d’affaires peuvent désormais s’appuyer sur l’expertise du Groupe dans son ensemble pour répondre aux stratégies de leurs clients, tant pour l’analyse de leurs besoins que des réponses financières à mettre en œuvre. En effet, dans certain cas, une Caisse régionale peut être limitée dans ses capacités bilantielles de financement. Grace à cette organisation mutualiste, elle peut trouver une solution lui permettant de répondre aux attentes du client.

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