L'Agence Bio a organisé, le 9 octobre à Paris, un forum autour du Fonds Avenir Bio, avec des rendez-vous inédits entre porteurs de projet et financeurs. En préambule, un colloque a dressé le bilan depuis son lancement en 2008, enrichi par les témoignages de plusieurs filières, notamment en grandes cultures.
«O N cherche une coopération plus active de la part des financeurs, a expliqué la directrice Elisabeth Mercier. Les spécificités du secteur bio doivent être mieux comprises : la phase de conversion, les gros investissements de départ nécessitant de la trésorerie. » Dans le cadre du Plan Ambition Bio 2017, le fonds a été renforcé d'1 M d'euros supplémentaires chaque année, le portant à 4 M par an. Son 10e appel à projets, clos le 17 octobre, intègre des nouveautés comme la possibilité d'aide au montage de dossier. « Le fonds évolue pour être plus facile d'accès, en réponse à la demande des opérateurs économiques », a déclaré le président de l'Agence Bio Etienne Gangneron. Il garde pour objectif principal la structuration des filières agricoles biologiques. « L'important est d'obtenir un développement harmonieux », entre l'amont et l'aval, a souligné la représentante du ministère de l'Agriculture Françoise Simon (Direction générale des politiques agricoles, agroalimentaire et des territoires).
Le Fonds Avenir Bio revendique, sur la période 2008-13, 53 programmes soutenus dans toutes les filières et 131 structures bénéficiaires. Il a apporté 15,8 M d'euros d'aide directe, face à 63 M d'euros d'investissements éligibles, matériels et immatériels. « Un des bénéfices premiers est de beaucoup mieux se connaître entre partenaires, a jugé Elisabeth Mercier. Cela accroît la capacité d'anticipation. Résultat, les produits bio sont généralement vendus en bio, ce qui était beaucoup moins le cas avant. »
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Dans le secteur des grandes cultures, l'Agence Bio pointe des freins levés par les démarches collectives, avec un appui technique pour optimiser les systèmes de production, une amélioration des conditions de stockage, des outils de transformation dédiés au bio. Val de Gascogne est porteuse d'un projet en 2014, qui vise notamment la création de filières. « Cela concerne entre autres le blé sans gluten, l'huile de tournesol oléique désodorisée, pour laquelle une unité de production doit être mise en œuvre », a précisé le directeur marketing environnemental Denis Mousteau. Avec Qualisol, autre coopérative du Sud-Ouest, des contrats de production biannuels sont prévus, reposant sur du légume sec en tête de rotation, suivi d'un blé de force. « Le Fonds Avenir Bio accompagne notre politique contractuelle », a indiqué le responsable Filières Alain Larribeau, en évoquant un projet antérieur avec le fabricant d'aliments Unicor et l'abatteur Arcadie. Le nouveau projet inclut la création d'une filière en blé biscuitier, destiné au fabricant Moulin du Pivert. « L'intérêt est de maîtriser la qualité du produit et de garantir une provenance au consommateur », a mis en avant Jean-Michel Cayla, directeur de l'entreprise biscuitière.