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Tisanes Le fonds French Food Capital s’invite chez les 2 Marmottes

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La société familiale Les 2 Marmottes a ouvert son capital au fonds d’investissements French Food Capital. L’objectif est d’étendre la vente des tisanes à l’ensemble du territoire et à l’international, tout en s’appuyant sur une production locale et une traçabilité maîtrisée.

L’entreprise familiale Les 2 Marmottes vient d’accueillir le fonds d’investissement French Food Capital dans son capital. Le fonds qui investit habituellement entre 3 et 12 millions d’euros aurait mis un ticket d’entrée maximal, selon nos informations. Les deux parties ne souhaitent pas communiquer sur le montant exact, ni sur la part du capital que conserve le dirigeant Jean-Marc Stezycki, qui a hérité de l’entreprise fondée par ses parents en 1976.

Connue pour sa gamme d’infusions dont la production est assurée au cœur des Alpes françaises et dont le packaging a été revu ces dernières années, l’entreprise peut grâce à l’arrivée de ce nouvel actionnaire envisager plus concrètement son développement. Les 2 Marmottes cultive son positionnement local et la naturalité de ses produits auprès des consommateurs. S’il lui faut parfois chercher des plantes en Amérique du Sud ou en Asie pour trouver la meilleure qualité, l’entreprise met en avant l’absence d’utilisation d’arôme chimique dans ses produits. Avec une gamme de 28 infusions et 8 thés, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 12,8 millions d’euros en 2018, dont près de 40 % dans la région Rhône-Alpes.

Son objectif aujourd’hui : dynamiser les ventes sur l’ensemble du territoire national pour atteindre 80 % de distribution en valeur d’ici 2023, s’étendre au CHR, où la marque est encore peu présente et aller à l’international, en premier lieu vers les marchés transalpins. "Outre, une rencontre humaine déterminante avec le dirigeant, plusieurs choses nous ont attirés dans cette société familiale. D’une part, la valeur de marque qui correspond aux tendances de consommation. D’autre part, le très fort socle qualitatif des produits, qui grâce à des contrats pluriannuels avec des producteurs qui ont grandi avec l’entreprise, permet une grande maîtrise de la qualité du produit. Et enfin, un important potentiel de développement tant en France, qu’à l’international", détaille Perrine Bismuth, l’une des fondatrices et partner de French Food Capital.

Aujourd’hui, l’un des premiers chantiers va porter sur la mise en place d’une direction commerciale et marketing renforcée pour accélérer la diffusion de la marque. Une réflexion sera également menée sur l’extension de la gamme. Après un pré-lancement en 2017, les tisanes prêtes à boire sont toujours en phase test, pour faire évoluer les recettes et le format, précise la responsable. Les 2 Marmottes qui ne donnent pas le montant de ses investissements en R & D sort cinq nouvelles recettes de tisanes par an, des recettes à base de plantes qui peuvent être agrémentées par des épices.

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Et qui dit plus grande diffusion de la marque, dit aussi à terme augmentation de la production. La société dispose aujourd’hui d’un atelier de production de 4 500 m2, d’où sortent chaque année 350 tonnes de plantes cultivées. L’actuelle manufacture de tisanes devrait dans un premier temps supporter ces développements et si "un éventuel agrandissement était nécessaire, cela pourrait être envisagé sur un terrain adjacent", explique encore Perrine Bismuth.

Les petits producteurs plébiscités

Selon une étude Opinionway (*), réalisée pour le compte de French Food Capital sur le rapport des Français à leur alimentation, il apparaît que les consommateurs font de moins en moins confiance aux grandes marques de l’alimentation et se tournent davantage vers la production locale. 82 % des personnes interrogées font ainsi confiance aux produits alimentaires de petits producteurs, contre 37 % seulement pour les grandes marques de l’alimentation. Si le prix reste en tête des informations importantes, la provenance du produit, son origine géographique et sa composition sont également des critères très regardés par les consommateurs. Ces derniers ont une opinion assez critique sur les informations données par les marques, les jugeant ainsi peu complètes pour un tiers (65 %), mais aussi peu claires (62 %) et peu fiables (57 %). De quoi encourager leurs achats de produits bio pour 81 % d’entre eux. "En moyenne, les Français qui consomment du bio achètent 25 % de produits bio parmi tous les produits alimentaires qu’ils achètent", note Opinionway. L’assurance d’acheter des produits plus naturels, c’est-à-dire sans pesticides et adjuvants vient en tête des motivations d’achat de produits bio pour 35 % des personnes interrogées. Mais surtout l’appréciation de la qualité gustative de ces dernières va quasi majoritairement (94 %) vers des produits alimentaires de petits producteurs, mais aussi français (93 %) et portant un label (92 %). Une qualité gustative qu’ils trouvent au marché pour 74 % d’entre eux ou directement chez les producteurs (72 %), bien avant la grande distribution (51 %). 60 % des personnes sondées souhaitent "une agriculture plus raisonnée et vertueuse pour assurer la qualité gustative des produits alimentaires".

* Étude réalisée auprès de 1044 personnes représentatives de la population interrogées en ligne du 26 au 27 septembre.