Arrivés au terme de leur mandat (2010-2014), les membres du Forum à haut niveau pour un meilleur fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire de l'UE ont adopté un rapport final dans lequel ils dressent le bilan de leurs principales réussites, mais aussi des difficultés rencontrées. Ils y suggèrent également les initiatives à privilégier dans l'avenir pour améliorer le fonctionnement et la compétitivité de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Ces membres ont par ailleurs demandé à la Commission européenne de renouveler le mandat du Forum pour cinq autres années, de 2015 à 2019.
LA réunion finale du Forum à haut niveau de l'UE sur l'amélioration du fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire s'est tenu le 15 octobre à Bruxelles et a permis de faire le bilan d'un certain nombre de progrès accomplis sur le sujet. Dans le rapport qu'ils ont adopté au cours de leur réunion, les participants ont notamment estimé que leurs travaux ont contribué à l'instauration de relations commerciales plus équitables entre les entreprises et servi de laboratoire pour l'élaboration de la Supply Chain Initiative, une initiative conjointe lancée par sept associations à l'échelon européen dans le but d'accroître l'équité des relations commerciales au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Leurs initiatives ont aussi permis de développer un dialogue structuré entre l'industrie alimentaire et les syndicats du secteur de manière à favoriser des engagements communs. Les travaux du Forum à haut niveau ont également rendu possible l'amélioration de l'Instrument de surveillance des prix des denrées alimentaires (Food Price Monitoring Tool) et l'échange des meilleures pratiques entre les États membres et les observatoires nationaux des prix des denrées alimentaires. Les membres du Forum ont également traité des problèmes relatifs à l'accès au financement, à l'innovation ainsi qu'aux nouvelles technologies émergentes dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Ils se sont aussi intéressés au bilan de qualité de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et au futur bilan de qualité des principes généraux de la législation alimentaire. Les participants ont par ailleurs évoqué de nouveaux défis pour l'avenir proche, comme par exemple la mise en place du marché intérieur pour les produits alimentaires et les boissons, l'amélioration de l'accès au marché des pays tiers ou encore les actions en faveur de l'innovation.
RECOMMANDATIONS POUR LA POURSUITE DES TRAVAUX DU FORUM
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Si les membres du Forum se sont notamment félicités d'avoir pris des initiatives qui ont contribué à l'avènement de relations commerciales un peu plus équitables entre entreprises, d'aucuns estiment toutefois que pas mal de choses restent encore à faire. Des efforts supplémentaires doivent notamment être consentis en matière de durabilité, de dialogue social et de surveillance des prix des denrées alimentaires. A l'issue de leurs travaux, les membres du Forum ont donc demandé à la Commission européenne de leur accorder un nouveau mandat pour les cinq prochaines années (201519). Ils souhaitent tout d'abord que le nouveau Forum puisse servir de plate-forme pour le dialogue multipartite pour la mise en œuvre des mesures exposées dans la communication de la Commission « pour une Renaissance industrielle européenne », comme demandé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors de leur Sommet de mars 2014. Ces derniers, rappelons-le, ont estimé que l'UE a besoin d'une base industrielle solide et compétitive, du point de vue tant de la production que des investissements, en tant que moteur essentiel de la croissance économique et de l'emploi. En vue de la formulation d'une politique industrielle pour un secteur agroalimentaire compétitif et durable, les membres du Forum insistent sur la nécessité non seulement de continuer à travailler dans les domaines où des initiatives sont actuellement en cours, mais aussi d'identifier les défis nouveaux et futurs en particulier autour des questions politiques clés. Des questions parmi lesquelles figurent la compétitivité et les PME (la Commission a l'intention de lancer une nouvelle étude sur la position concurrentielle de l'industrie alimentaire et des boissons depuis celle qu'elle a réalisée en 2007, ndlr), les pratiques commerciales B2B (travailler sur l'élimination des pratiques abusives dans les relations B2B devraient continuer à être une priorité), le Marché intérieur (assurer le suivi des obstacles à la libre circulation des produits alimentaires et des boissons dans l'UE), l'accès au marché (suivre l'agenda commercial de l'UE, non seulement dans la signature de nouveaux accords de libre-échange mais aussi d'assurer une mise en œuvre rapide et complète de ceux-ci), la durabilité (le Forum pourrait fournir une plate-forme dédiée à un échange de vues sur les meilleures pratiques et expériences des États membres), la dimension sociale (le nouveau Forum devrait encourager les partenaires sociaux à élaborer des initiatives conjointes visant à utiliser tous les instruments disponibles pour promouvoir l'emploi et l'attractivité de la filière agroalimentaire), l'innovation (le nouveau Forum devrait encourager la Commission à stimuler l'innovation et la compétitivité dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire), les prix (encourager les États membres à établir leurs propres observatoires des prix), etc.
La Commission européenne a créé le Forum à haut niveau sur l'amélioration du fonctionnement de la chaîne d'approvisionnement alimentaire en 2010 afin que celui-ci l'assiste dans l'élaboration d'une politique industrielle dans le secteur agroalimentaire, pendant une période de deux ans. En décembre 2012, un rapport du Forum ayant fait état de résultats positifs, la Commission a décidé de prolonger son mandat jusqu'à la fin de 2014. Le Forum compte 47 membres qui représentent 21 États membres, des entreprises européennes actives dans la production, la transformation ou la distribution de denrées alimentaires, ainsi que des associations professionnelles et des organisations non gouvernementales de défense des intérêts des citoyens. L'industrie alimentaire européenne produit une valeur ajoutée de 800 milliards d'euros et un chiffre d'affaires de 4 000 milliards d'euros. À eux seuls, les produits alimentaires et les boissons représentent le plus gros secteur manufacturier de l'Union, tant du point de vue des emplois (4,25 millions) que du chiffre d'affaires (1 017 milliards d'euros) et de la valeur ajoutée (203 milliards d'euros, soit 12,9 % de l'industrie manufacturière de l'UE). Les entreprises du secteur des produits alimentaires et des boissons sont à 99,1 % des PME.