Abonné

Le français Neofarm robotise la micro-ferme maraîchère

- - 3 min

C’est un vrai choc des cultures que met en œuvre depuis bientôt trois ans la start-up française Neofarm : introduire la robotique dans les micro-fermes maraichères, temples de l’agriculture alternative. Sur une idée voisine de « l’imprimante 3D » potagère de l’américain Farmbot, Neofarm a développé un « portique automatisé » de maraîchage professionnel (et son logiciel dédié) pour le mettre au service des pratiques alternatives, issues notamment de la ferme du Bec-Hellouin.

Visiblement bien avancé, le robot réalise des opérations très diverses, allant du semis jusqu’à la récolte de certains produits (légumes-feuilles, légumes-racines, pas légumes-fruits), en passant par la préparation du sol et le désherbage. Le logiciel permet de suivre, planifier et programmer les actions du robot et des exploitants. L’itinéraire cultural repose sur un mix de pratiques bio-intensives.

NeoFarm vise un gain de temps de 60% par rapport à une micro-ferme maraîchère classique. « L’un des aspects limitants de l’agroécologie, c’est le temps de travail important, qui l’empêche d’être une alternative réplicable au modèle traditionnel, explique Alexia Rey, co-fondatrice de la start-up. Nous voulons apporter des technologies qui permettent de gagner en efficacité, sans pour autant enlever l’humain du modèle, mais plutôt en lui facilitant le travail et en lui dégageant du temps ».
Fondée en 2018, la start-up travaillait jusqu’ici sur un prototype en serre de 1000 m2. Puis elle a levé 800 000 euros mi 2019 pour construire sa première ferme pilote, pour construire sa ferme pilote, sur deux hectares en serre et plein champ dans les Yvelines et dont l'installation démarre à la rentrée. Le portique automatisé y sera déployé à la fois en intérieur et en extérieur.

Inspiré notamment des principes de la permaculture et appuyé sur les travaux du chercheur François Léger (AgroParisTech), Neofarm met l’accent sur la « résilience » et l’autonomie de son modèle ; son site pilote ne comprend pas seulement une partie maraîchère cultivée, mais aussi un environnement « non productif », dédié à la production d’engrais verts, à des marres, des haies et des vergers.

Le business model, quant à lui, est simple : un partenaire (collectivité, entreprise…) investit dans une ferme, et reçoit une redevance annuelle de la part de Neofarm qui exploite entièrement le site, de la production à la commercialisation. L’investissement est aujourd’hui estimé à 1 M€ par ferme, dont dont 1/3 pour les serres, 1/3 pour les installations agricoles et 1/3 pour les solutions technologiques. Le montant de la redevance n’a pas été communiqué.

NeoFarm est en contact avec plusieurs investisseurs potentiels : ici, une entreprise organisant des séminaires et disposant de foncier improductif. Là, une coopérative céréalière intéressée par une diversification pour ses adhérents. Pour l’instant, les agriculteurs ne sont pas ciblés en direct. Après le lancement de son exploitation à la rentrée, la jeune start-up française espère lancer de nouvelles fermes dès 2022.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.