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Transport international Le fret maritime en chute libre

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Plombés par le ralentissement de l’industrie mondiale, les cours du fret maritime international se sont effondrés depuis quelques mois. L’arrivée de nouveaux bateaux en 2009 pourrait encore aggraver la baisse.

Thermomètre du fret maritime, le Baltic Dry Index (BDI), indice de référence pour le transport de matières sèches, est en chute libre. En trois mois, l’indice a enregistré plus de 95 % de baisse. « Nous sommes revenus au niveau qui prévalait avant la première hausse de 2003, voire même un peu plus bas », remarque Dominique Courné, courtier chez Barry Rogliano Salles. Retour à la case départ, donc, car dans un contexte de crise financière, la croissance mondiale marque le pas. Principale utilisatrice de fret maritime, l’industrie sidérurgique mondiale freine son activité. Pour preuve, le numéro un mondial du secteur, Arcelor-Mittal, a annoncé fin octobre la fermeture de la moitié de ses hauts-fourneaux en France. Les échanges céréaliers, qui, eux, ne reculent pas, profitent de cette baisse. En juin, la valeur d’affrètement d’un navire Capesize, capable de transporter plus de 150 000 tonnes de marchandises et très utilisé par l’industrie lourde, était de 234 000 dollars par jour… Un chiffre tombé à 5 500 dollars aujourd’hui. Deux fois plus petit qu’un Capesize, un Panamax coûte aujourd’hui 6 200 dollars par jour contre 80 000 dollars au paroxysme de la hausse du fret.

Un marché en « terra incognita »

« Les cours étaient montés au ciel !, note Dominique Courné. Cette correction est peut-être excessive mais elle est justifiée ». Pour le courtier, ce retour à la raison va permettre de repartir sur « des bases plus saines ». Le marché du fret se trouve malgré tout en « terra incognita». La crise financière augmente la méfiance des opérateurs. D’une part, le chargement et le transport de marchandises sur un bateau repose le plus souvent sur une « chaîne » comprenant plusieurs affréteurs. Or, si l’un d’entre eux est défaillant, il pénalise l’ensemble. D’autre part, beaucoup de transactions s’effectuent de gré à gré et les opérateurs ne sont pas couverts par les chambres de compensation présentes sur le marché à terme.

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Une difficulté supplémentaire risque de se poser dans les mois à venir : compte tenu de l’augmentation du trafic ces dernières années, les armateurs ont relancé la construction de bateaux. Un bel arrivage de nouveaux navires est attendu pour 2009. Ce qui pourrait enfoncer davantage les cours. Le marché est aujourd’hui à l’écoute d’éventuelles annulations de commandes ou de conversion de navires en tankers. Cette situation fait en tout cas le bonheur des exportateurs de céréales.