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Coopérative/Financement Le FSI entre au capital de Siclaé

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Après Limagrain et Grimaud, le FSI (fonds stratégique d’investissement) a annoncé un troisième investissement dans l’agroalimentaire. Il va entrer au capital de Siclaé pour un montant de 50 millions d’euros. L’activité de transformation de céréales de cinq coopératives du Nord-Est, dont Champagne Céréales, qui a plus que triplé son activité depuis 2005, se donne les moyens d’assurer son développement vers plus de valeur ajoutée.

Après avoir triplé son chiffre d’affaires en 2005 et mi 2009, Siclaé aborde une nouvelle étape de son développement. Les capitaux propres, de 236 millions d’euros (dont 84 millions d’euros d’intérêts minoritaires) fin 2009 vont ainsi passer à 500 millions d’euros (dont 50 millions d’intérêts minoritaires) à fin 2010. « Depuis l’été 2009, nous avons beaucoup travaillé sur la question des fonds propres, explique Laurent Jubert, président du conseil de gérance de Siclaé. Nous avons refinancé Malteurop, ouvert le capital au salariés et aux agriculteurs, revu l’organisation des holdings intermédiaires et nous organisons maintenant une augmentation de capital de 100 millions d’euros pour laquelle le FSI s’est engagé à hauteur de 50 millions d’euros. Unigrains et le Crédit agricole du Nord Est ont également annoncé qu’ils allaient s’engager. Après la forte croissance des cinq dernières années, nous avions besoin de consolider le bilan de Siclaé. C’est chose faite, et nous sommes désormais prêts pour une nouvelle étape de notre développement. »

Aller vers plus de valeur ajoutée
Au programme, une stratégie orientée vers davantage de valeur ajoutée, grâce à de la croissance organique, avec de l’innovation et de nouvelles usines par exemple, mais aussi des projets de croissance externe. « Nous voulons consolider notre position de leader ou de numéro deux sur les marchés où nous occupons ce rang. Il s’agit également de nous développer sur des zones à fort potentiel de croissance : en Europe de l’Est ou en Autralie, par exemple, pour mieux accéder à l’Asie. Nous voulons également aller vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Dans la droite ligne de l’acquisition de Diamalteria par Malteurop, nous souhaitons aller vers des ingrédients fonctionnels, qui créent de la valeur. Enfin, nous avons beaucoup investi en R&D en chimie du végétal et l’industrialisation doit démarrer d’ici à 2012. Ce qui a intéressé le FSI, c’est de participer à la construction d’un champion international de la transformation des céréales, même si nous sommes encore loin des grands transformateurs américains. »
Concrètement, le FSI (détenu à 51 % par la Caisse des dépôts et 49 % par l’Etat) détiendra entre 11 % et 12 % du capital de Siclaé et sera représenté au conseil de surveillance.
Créé en 2005, Siclaé regroupe les activités de transformation de Champagne Céréales et de quatre autres coopératives du Nord-Est de la France (Nouricia, EMC2, Cham-pagne Coligny et Coopérative Agricole Sézanne). En 2009/2010, le chiffre d’affaires de Siclaé a atteint 1,64 milliard d’euros, en hausse de 9 % par rapport à 2008/2009 et la marge opérationnelle près de 6 %. Le résultat net part du groupe a doublé, à 25 millions d’euros. Le groupe a triplé son activité en cinq ans (CA 2004/2005 : 508 millions d’euros) grâce à la croissance organique et à la croissance externe. Il emploie environ 6 250 personnes, dont 4 500 en France.
Actuellement, la France pèse 45 % du chiffre d’affaires de Siclaé, pour 29,5 % en Europe et 25,5 % hors Europe.
Les principales filiales de Siclaé sont : Malteurop, premier malteur mondial ; Nutrixo, l’un des tout premiers acteurs de la meunerie en Europe ; Chamtor, spécialiste de l’amidonnerie-glucoserie en France ; Champagne Maïs, l’un des tout premiers transformateurs de maïs en Europe ; Nestal dans la nutrition animale ; ARD, dans la recherche agro-industrielle en France et en Europe. Siclaé a également une participation dans Ineos Champlor et LMT Oléagineux, deux sociétés de création récente spécialisées dans les bioénergies.
Malteurop et Nutrixo pèsent plus de 79 % du chiffre d’affaires de Siclaé.

150 millions d’euros pour Limagrain
Cet investissement est le troisième pour le FSI dans le monde agro-industriel. Premier en date, un investissement de 150 millions d’euros dans Limagrain (CA : 1,2 milliard d’euros). Destiné à soutenir le développement de Vilmorin & Cie (leader européen des semences de grandes cultures et deuxième acteur mondial en semences potagères), cet investissement doit contribuer à financer la croissance organique (nouvelles variétés de semences et nouvelles technologies) ainsi que des opérations de croissance externe à l’international. Il a participé à l’augmentation de capital de 200 millions d’euros réalisée par Vilmorin au printemps.

40 millions d’euros pour Grimaud
Plus récemment, en juillet, le FSI a annoncé un investissement de 40 millions d’euros dans le groupe Grimaud (CA : 200 millions d’euros). Outre son activité de sélection génétique animale multi-espèces, le groupe a développé des activités dans le domaine de la biopharmacie, notamment via sa filiale Vivalis (vaccins et protéines pharmaceutiques). L’investissement du FSI a en partie servi à maintenir la quote-part du groupe Grimaud lors de l’augmentation de capital de Vivalis de 30 millions d’euros menée à bien en juillet. Il doit également soutenir le développement international du groupe, notamment en Asie et en Amérique du Sud, et la stratégie de croissance externe. D’autres coups de pouce du FSI ne sont pas à exclure.

Le FSI investit au coup par coup dans l’agroalimentaire
Jusqu’ici, le FSI a investi au coup par coup dans l’agro-industrie. Le rapport Rouault (1) préconise « la création d’un fonds agroalimentaire qui pourrait être abondé par les principales IAA et par le FSI sur le même modèle que l’automobile, l’objectif étant que la mise en place d’un fonds spécifique permette à la fois de susciter l’investissement privé dans ce secteur et de produire un effet d’entraînement dans la filière ». Il faudrait pour cela que la promotion des IAA soit portée par une réelle volonté politique, qui a fait défaut jusqu’ici.

(1) Cf ce numéro page 1

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