Abonné

APCA « Le G20 a échoué à garantir stabilité des prix et sécurité alimentaire »

- - 3 min

Les engagements pris par le G20 pour réguler les marchés n’ont pas été suffisamment respectés, a jugé l’APCA lors d’une conférence de presse le 11 octobre. Conséquence, la flambée des prix laisse craindre des émeutes de la faim. En France, la grande distribution étouffe les éleveurs et l’industrie agroalimentaire en ne répercutant pas les hausses des matières premières.

«Le marché laissé à lui-même n’est pas efficient, il faut des mécanismes correcteurs », a tranché Thierry Pouch, économiste à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), le 11 octobre, lors d’une conférence de presse. Et pourtant, les engagements pris en ce sens par le G20 à Paris en 2011 n’ont pas été suffisamment respectés, estime-t-on au sein de l’APCA. « Connaître les marchés, c’était la première préoccupation de la France lors du G20. Un dispositif était prévu », rappelle Guy Vasseur, président de l’assemblée permanente. Mais ce dispositif, le système d’informations sur les marchés (Amis), ne sera pas entièrement opérationnel avant plusieurs années. Le forum de réaction rapide, censé apporter une réponse coordonnée à une menace de crise alimentaire, n’a, lui, encore jamais été réuni malgré les alertes de la FAO. « L’autre élément avancé dans le cadre du G20, c’était la politique de stockage. Rien n’a été fait », dénonce également Guy Vasseur. « Tout ce qui tourne autour de l’investissement productif dans les pays concernés par le déficit alimentaire est toujours au stade des déclarations et des intentions », continue-t-il.
 
Possible résurgence des émeutes de la faim
Ce manque d’outils et d’investissements serait donc à la source de la flambée des prix des céréales. Une conjoncture qui alourdit les coûts de productions, mais fait surtout craindre « une résurgence des “émeutes de la faim” », alerte Thierry Pouch. Car, comme le rappelle Guy Vasseur, ce qui a provoqué les émeutes de 2007/2008, ce n’est pas la pénurie alimentaire mais la perte de pouvoir d’achat provoquée par les flambées des matières premières. Une perte qui peut avoir des effets désastreux dans des pays où le coût de l’alimentation représente « 50, voire 60% » des dépenses de consommation des ménages, rappelle le président de l’APCA.
 
Pression sur la production et l’agroalimentaire français
En France, « l’augmentation des céréales a un côté positif pour les producteurs des grandes cultures, mais aussi pour la balance commerciale de la France », a néanmoins concédé Guy Vasseur. Mais, « il y a des effets négatifs », a-t-il tempéré. « La volatilité des prix est un frein à l’investissement et à l’installation », assure-t-il. « L’autre aspect négatif évidemment, c’est l’augmentation des coûts de production en élevage, et l’incapacité de les répercuter au niveau de la grande distribution », a-t-il dénoncé. Selon l’APCA en effet, la politique de la GMS française « asphyxie les producteurs », mais aussi « l’industrie agroalimentaire ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Industrie agroalimentaire
Suivi
Suivre
grande distribution
Suivi
Suivre