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Le Genopole d’Évry premier biocluster des biotechnologies

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Le Genopole d’Évry est le premier biocluster français des biotechnologies, ont montré ses dirigeants lors d’une visite de ses laboratoires au préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot et à la préfète de l’Essonne, Josiane Chevalier. Ce biocluster - un cluster est un réseau d’entreprises environné de chercheurs - intègre aujourd’hui des entreprises agro-industrielles. « Notre ADN, c’est l’ADN », a résumé Jean-Marc Grognet, directeur général du Genopole.

Jean-Marc Grognet, directeur général du Genopole d’Evry, a reçu le 29 août le préfet de région Ile-de-France, Michel Cadot, et la préfète de l’Essonne, Josiane Chevalier. Il leur a montré comment le pôle de recherche Genopole, constitué il y a 30 ans autour de la génomique médicale, s’est ouvert aux biotechnologiques liées à l’agriculture, bien avant la mise en place des pôles de compétitivité (2005). Et Michel Cadot est très sensible à ces questions car il a été directeur de cabinet de deux ministres de l’Agriculture : Dominique Bussereau et Michel Barnier.

Les déclinaisons agro-industrielles possibles des biotechnologies

Les responsables du Génopole ont ainsi présenté à Michel Cadot et à Josiane Chevalier les activités de Global Bio-énergies, d’Anova-Plus et d’Ynsect hébergées par le Genopole, dont les activités tournées vers l’agriculture restent minoritaires au Génopole d’Evry. Marc Delcourt, président de Global Bio-énergies (biologie industrielle), a montré comment sa société a pu créer des « usines microbiennes » pour produire de l’isobutène à partir de sources renouvelables : des sucres issus du végétal. Pour l’instant, ces sucres sont issus de co-produits de l’industrie sucrière (mélasse par exemple) et amidonnière. Demain, ils pourront aussi être produits à partir de l’hydrolyse de la cellulose de pailles, de tiges, de copeaux et autres résidus de bois. Global Bio-énergies est en partenariat industriel avec Cristal Union pour produire de l’isobutène qui a de nombreuses fonctionnalités (chimie et cosmétique, verre organique, plastiques et lubrifiants, caoutchouc, gaz domestique, kérosène, carburant améliorant), le tout pour un marché déjà existant de 20 Mrd $.

Démocratiser les tests ADN

Marc Masson, fondateur d’Anova-Plus, a exposé sa méthode de détection rapide de parasites des cultures par l’ADN, dont le mérite est de « démocratiser les tests ADN » tant pour les agriculteurs que pour l’agro-industrie. Avec cette méthode « on repère un champignon qui devient résistant et on évite des traitements qui ne servent à rien ».

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Elsa Cuny, chargée de communication et du pôle RSE chez Ynsect (production de protéines d’insectes pour aliments piscicoles), a expliqué que la ressource mondiale de poisson diminue et que les prix de la farine de poisson pour l’aliment du bétail passeront de 500 $/t à 2 000 $/t en 2020. Ynsect, société créée en 2011, a une usine de démonstration dans le Jura, du fait de la proximité de son de maïs, matière première pour son insecte favori, le Tenebrio Molitor. Elle attend une prochaine levée de fonds pour créer une usine à finalité de production commerciale afin d’alimenter le marché de la pisciculture.

Le Genopole, constitué il y a 30 ans autour de la génomique médicale, s’est ouvert aux biotechnologiques liées à l’agriculture

Partie intégrante du Grand Paris

Michel Cadot a salué « la clarté, la passion, l’intelligence » de tous ces chercheurs qui gravitent autour des biotechnologies. Le Genopole « est un encouragement pour les élus : il était peu il y a trente ans, il est devenu un pôle conséquent et diversifié ». Et de conclure : « Quand on parle du Grand Paris, on comprend mieux que c’est avec des projets comme celui-ci qu’on approche de l’objectif ».