Pour 266 millions d’euros, le leader britannique des glaces Richmond Foods, vient d’être racheté par Ruby Acquisitions, filiale du fonds américain Oaktree Capital Management. Il devrait immédiatement fusionner avec le troisième producteur européen de crèmes glacées, Roncadin, que ce même fonds avait racheté en 2004. Si Richmond Foods apporte en dot la licence de la marque phare de Nestlé UK Ice Cream, Roncadin peut se targuer d’un chiffre d’affaires qui s’élèverait à 300 M EUR en 2006. La nouvelle entité pèsera lourd sur le marché des desserts glacés.
Numéro un britannique en volume des desserts glacés, Richmond Foods change de mains et passe sous contrôle américain. C’est Ruby Acquisitions, filiale du fonds américain Oaktree Capital Management, qui prend la relève en faisant l’acquisition de 100 % du capital de Richmond pour un montant de 266 millions d’euros. Si Oaktree possédait déjà le producteur allemand de glaces Roncadin, Ruby Acquisitions est une entité toute nouvelle. Elle a été créée dans le but affiché de réaliser le rachat de Richmond et la fusion entre les deux glaciers européens. « Notre but, annonce Caleb Kramer, directeur exécutif d’Oaktree, est que Richmond reste ciblé sur son principal marché géographique, mais, qu’une fois fusionné avec Roncadin, la solide position sur le marché des deux entreprises ainsi que la réputation de qualité de leurs produits nous permettent d’atteindre les clients à travers toute l’Europe».
Jusqu’alors, Richmond réalisait une très faible part de son activité à l’export. Grâce à cinq acquisitions – dont Nestlé UK Ice Cream – au cours des six dernières années, le groupe fondé par un fermier en 1985, avait réussi à se hisser à la tête de l’industrie britannique des glaces. Ses ventes, pour le premier semestre 2005-2006 (clos début avril 2006) ont cependant diminué de 4 % pour atteindre 71,5 M EUR. Les ventes pour la consommation à domicile (29 % de l’activité) ont en effet baissé de plus de 5 %, entraînées vers le bas par un marché lugubre sur les six premiers mois de l’année. Seul point positif au tableau, la part de marché de Richmond dans le circuit du commerce de détail pour les produits à marque propre (11,7 %) a continué de croître. Le succès du fleuron du groupe, Nestlé UK Ice Cream, et de ses marques Fab, Orange Maid ou Strawberry Miwi, n’y est pas pour rien, de même que l’élargissement de la distribution de la gamme « Skinny Cow » (Vache maigre), des bâtonnets glacés à faible valeur calorique. Ces réalisations ont permis de compenser la perte du contrat avec WeightWatchers. Cependant, en termes de prévisions pour le reste de l’année, la prudence est de mise. Il s’agit d’un marché à très forte saisonnalité et le deuxième semestre pourrait inverser la tendance. D’autre part, la fermeture d’un site en Cornouailles a entraîné des coûts de réorganisation importants (1,3 M EUR), mais le groupe espère en tirer des bénéfices dans la seconde moitié de l’année.
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De multiples implantations en Europe
Rose Warbuton, directeur de Richmond Foods, s’est dit satisfait de la proposition d’Oaktree, jugée « juste et sensée ». Il estime qu’elle contribuera de façon positive à l’activité du groupe et qu’elle introduit des perspectives futures attrayantes. Ce point de vue se comprend d’autant mieux que l’idée d’une fusion entre Richmond et Roncadin n’est pas nouvelle. Le glacier anglais avait en effet des vues sur son concurrent d’Osnabrück, troisième producteur de crème glacée en Europe. Avec des sites industriels répartis en France (près de Bordeaux), en Allemagne et en Pologne, cette entreprise de 1200 personnes a réalisé un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros en 2005. Fort de nouvelles acquisitions, dont la société allemande Schröer Eiskrem à Haltem, et la section « crème glacée » du groupe Nordmilch à Brême, Roncadin compte atteindre 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006. Formé de deux poids lourds du secteur, le nouveau groupe risque d’en dévorer plus d’un sur son passage. Le marché des desserts glacés est bien en phase de consolidation.