L’Autorité européenne de sécurité des aliments estime dans une nouvelle évaluation qu’il est « improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Bruxelles va se baser sur ces conclusions pour prendre la décision de réautoriser (ou non) cet herbicide, le plus utilisé dans le monde, dans l’UE d’ici le mois de juin 2016.
Il est « improbable » que le glyphosate (herbicide le plus utilisé dans le monde, commercialisé par Monsanto) soit génotoxique (endommage l’ADN) ou présente un danger cancérogène pour l’homme, conclut l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) dans son rapport d’évaluation très attendu, publié le 12 novembre. Ces travaux vont permettre à la Commission européenne de se prononcer sur la réautorisation (ou non) du glyphosate, initialement attendue pour le mois de décembre mais repoussée à juin 2016 (1).
Le Centre international de recherche sur le cancer (IARC) de l’Organisation mondiale de la santé avait classé le glyphosate comme cancérogène « probable chez l’homme » – dernier échelon avant la classification comme « cancérogène certain » (2). Pourtant, « tous les experts des États membres, à une exception près, ont convenu que ni les données épidémiologiques (portant sur l’homme), ni les éléments issus d’études animales n’ont démontré de causalité entre l’exposition au glyphosate et le développement de cancer chez les humains », souligne l’Efsa. L'agence ne propose donc pas que ce principe actif soit catégorisé comme cancérogène dans la réglementation de l’UE sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances chimiques.
Des seuils de toxicité fixés
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Les experts ont par contre décidé de renforcer le contrôle des résidus de glyphosate dans l’alimentation en fixant, pour la première fois, un seuil d’exposition pour le glyphosate. Cette dose aiguë de référence qui correspond à la quantité présente dans les aliments qui peut être ingérée sur une courte période de temps, sans présenter de risque pour la santé, s’élève à 0,5 mg/kg de poids corporel. D’autres seuils de sécurité toxicologique, « pour guider les évaluateurs des risques dans leurs décisions », sont proposés : le niveau acceptable d’exposition des opérateurs (NAEO) a été fixé à 0,1 mg/kg de poids corporel par jour, et une dose journalière acceptable (DJA) pour les consommateurs a été établie en ligne avec la dose aiguë de référence à 0,5 mg/kg de poids corporel. Sur cette base, l’Efsa va désormais réexaminer les limites maximales de résidus dans les aliments pour le glyphosate.
Ces conclusions « ouvrent la voie une nouvelle approbation » du glyphosate dans l’UE, déplore Greenpeace dans un communiqué. L’association dénonce les conclusions de ce rapport qui repose largement sur des études non publiées commandées par les producteurs de glyphosate et qui ignore les conclusions de travaux publiés dans des revues internationales.
(1) Voir n° 3513 du 28/09/2015
(2) Voir n° 3490 du 30/03/2015