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Union européenne Le gouvernement britannique veut une Pac « fondamentalement différente »

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L’Europe devrait moins recourir aux aides directes agricoles et récompenser davantage les exploitants pour leurs efforts environnementaux et les autres tâches qu’ils accomplissent pour les territoires, estime la secrétaire d’Etat britannique à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales, Caroline Spelman. Selon elle, la nouvelle Pac qui doit être mise en œuvre en 2014 devra être « fondamentalement différente » de l’actuelle.

«La Pac continue de fausser les échanges en maintenant des prix élevés dans l’UE. Cela se traduit par des droits d’importation élevés et le recours à des subventions à l’exportation pour se débarrasser des excédents – avec pour conséquence de miner la production des pays en développement. Cela n’est pas juste moralement », a affirmé Caroline Spelman le 5 janvier lors de la Conférence agricole d’Oxford.
« Continuer ainsi hypothèque la transition dont nous avons besoin vers un marché capable de soutenir l’agriculture de l’UE dans le futur. De plus, la répartition plus équitable des fonds demandée par les nouveaux Etats membres – pour lesquels j’ai de la sympathie – risque de renforcer encore la dépendance aux subventions. Cela ne doit pas arriver », a déclaré la secrétaire d’Etat britannique à l’environnement, à l’alimentation et aux affaires rurales
Selon elle, « nous avons besoin de rendre la nouvelle Pac fondamentalement différente, afin qu’elle relève les nouveaux défis que sont la sécurité alimentaire mondiale et le changement climatique ».

Réduire la « dépendance » aux aides directes

Mme Spelman a donc considéré que le projet de la Commission européenne pour la prochaine réforme de la Pac devrait être plus ambitieux, notamment en ce qui concerne les aides directes et la nécessité d’insister sur les paiements en faveur des agriculteurs qui fournissent des biens publics. « Il est temps maintenant de faire des progrès très sensibles pour réduire notre dépendance aux paiements directs. L’augmentation de la demande mondiale et des prix permettent de réduire ces subventions et d’envisager leur abolition », a-t-elle assuré.
« Nous devrions aussi encourager l’innovation, et apporter un soutien avec des mesures environnementales et pour combattre le changement climatique, a-t-elle ajouté. Nos contribuables ont le droit d’attendre d’autres biens publics pour les subventions qu’ils paient. Le deuxième pilier de la Pac fait exactement cela, et c’est pourquoi nous voulons le voir prendre une part plus importante des ressources limitées disponibles ».

« Travailler » avec la présidence française du G20

La secrétaire d’Etat britannique a par ailleurs déclaré qu’elle souhaitait travailler avec les autres ministres de l’agriculture du G20 pour mettre fin aux interdictions d’exportation, telle que celle décrétée par la Russie pour les céréales l’été dernier.
« J’aimerais travailler avec la France », qui a pris la présidence du G20, « pour chercher les moyens de mettre fin à (ces) interdictions, l’une des pratiques les plus restrictives qui soit sur le marché mondial », a-t-elle souligné.

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