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Venezuela Le gouvernement emploie la manière forte pour contrôler le secteur alimentaire

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Afin de contenir la hausse des prix des denrées de base, le gouvernement vénézuélien vient d’ ordonner l’occupation de deux exploitations agricoles et de procéder à l’expropriation d’une fabrique de riz et d’une plantation d’arbres.

Depuis son élection il y a dix ans, le président vénézuélien Hugo Chavez s’est engagé, au nom de sa « révolution socialiste », à lutter contre les grands propriétaires terriens, autorisant l’Etat à occuper des terres sous-exploitées. Le gouvernement a recensé environ 3 000 hectares de terres en friche ou sous-utilisées, qui feront l’objet d’un « plan de récupération des sols », a précisé le ministre de l’agriculture, Elias Jaua. Ces mesures interviennent au moment où M. Chavez a renforcé le contrôle étatique dans la filière agroalimentaire, alors que le pays fait face à des problèmes de pénuries et à l’explosion des prix des denrées de base. Le 5 mars, une filiale mexicaine du céréalier américain Cargill produisant du riz a été expropriée. La direction de l’usine s’est vue reprocher de produire d’autres variétés que celle du riz blanc, dont le prix est régulé par l’Etat. Le 6 mars, une plantation d’arbres de 1 500 hectares du papetier irlandais Smurfit Kappa a été placée sous la tutelle de l’Etat.

Malgré la régulation des prix imposés par les autorités locales sur les aliments de base depuis 2003, des pénuries (de riz, de sucre, lait ou café) apparaissent régulièrement dans les supermarchés.

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Le problème est d’autant plus crucial que la hausse des denrées de base, pour la plupart importées, a atteint l’an dernier 41 % au Venezuela, soit dix points de plus que le taux d’inflation qui bat le record d’Amérique latine. Et que les prix du pétrole, principale richesse du pays, se sont effondrés.