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Trafics agroalimentaires Le gouvernement veut renforcer la lutte contre les « agro-mafias »

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Le gouvernement veut renforcer la lutte contre les « agro-mafias ». Il a organisé pour la première fois un séminaire européen de lutte contre ces trafics en augmentation, à Paris les 6, 7 et 8 octobre, avec comme objectif de sensibiliser les pays européens et d’organiser une meilleure coordination de la lutte.

L’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), créé en 2004, a organisé pour la première fois un séminaire européen de lutte contre ces trafics en augmentation. Tenu à Paris les 6, 7 et 8 octobre, le premier but en était de sensibiliser les pays européens. C’est ce qu’a expliqué le général de gendarmerie David Galtier, chargé des opérations, à l’ouverture du séminaire. Un autre objectif est de coordonner la lutte au niveau européen. Or c’est là que le bât blesse, a souligné le général Galtier lors d’une conférence de presse le 6 octobre. « Peu de nos partenaires sont organisés. Nous avons la chance d’avoir en France l’office central (l’Oclaesp), mais c’est loin d’être le cas dans les pays européens, et nous aimerions convaincre d’autres pays européens de se doter de ce type d’office face à ces menaces émergentes » que sont les trafics agroalimentaires.
Quelques entreprises agroalimentaires françaises ont participé à ce séminaire, telles Danone et le Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

Un domaine de plus en plus attractif pour une nouvelle forme de délinquance
Les trafics agroalimentaires sont en augmentation, mais peu de données chiffrées existent encore. « Nous avons besoin d’indicateurs plus précis ». Néanmoins la gendarmerie française a relevé 8 815 infractions agroalimentaires en 2009, contre 7 615 en 2008.
« Ce commerce, en augmentation constante, constitue un domaine de plus en plus attractif pour une nouvelle forme de délinquance recherchant des gains importants à faibles risques», selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, publié début octobre.
Les trafics agroalimentaires tendent à augmenter parce qu’ils représentent des « opportunités de marché » plus intéressantes et moins risquées que le trafic de stupéfiants. « Vendre du faux jambon de Parme est moins dangereux pour les trafiquants qu’affronter la brigade des stupéfiants », a résumé le général Galtier. Ces trafics sont fluctuants parce que les trafiquants « en pointe dans l’analyse des nouveaux marchés », sont capables de s’adapter aux réglementations. D’où la nécessité d’une veille permanente.
Un troisième objectif de ce séminaire est, pour les partenaires européens, de « s’enrichir mutuellement » d’une connaissance des stratagèmes utilisés, a commenté Philippe Rouault, délégué interministériel à l’agroalimentaire auprès du Premier ministre.

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