Le groupe Danone, après avoir réalisé en 2003 «une très bonne année» avec une marge opérationnelle record à 12,2 %, vise une amélioration de même ampleur pour l’exercice actuel. Poursuivant ses efforts en vue de retrouver une croissance rentable dans les biscuits, son point faible, il espère en récolter les fruits à partir du second semestre 2004, et à défaut, n’exclut pas l’éventualité de cessions.
2003 a été « une très bonne année » pour le groupe Danone, se félicite son p.-d.g. Franck Riboud, qui espère pour le nouvel exercice une progression au moins égale à celle de l’an passé. Si le chiffre d’affaires a reculé de 3,1 % à 13,131 milliards d’euros en raison de l’impact négatif des taux de change (-6,7 %) et des variations de périmètre (-3,6 %), la croissance organique des ventes, à 7,2 %, a été la plus forte qu’ait enregistré le groupe au cours des dix dernières années. Quant à la marge opérationnelle, elle a été améliorée de 48 points de base, au lieu des 20 à 40 points prévus, pour ressortir à 12,2 %. Ce « chiffre record » a été atteint en dépit de la progression régulière depuis cinq ans des investissements publicitaires, qui ont représenté l’an passé 6,7 % des ventes, souligne Emmanuel Faber, directeur général Finances. Le résultat opérationnel s’élève à 1,604 milliard. Le bénéfice net du groupe s’est replié de 34,6 % à 839 millions d’euros, mais hors éléments exceptionnels non récurrents (en 2002 avait été finalisée la cession de Kronenbourg), il progresse de 1,3 %.
Du « fun » dans l’eau
Les résultats de 2003 ont été favorisés, « oui et non », par la canicule, commente Franck Riboud, qui estime surtout « le groupe incroyablement armé avec ses marques» . Les produits laitiers frais, qui engendrent près de la moitié du chiffre d’affaires, ont enregistré des croissances de 8 à 10 % au cours des cinq dernières années, et 9,6 % l’an passé. A elle seule, la marque Actimel a fait un bond de 35 % en 2003 pour totaliser 600 millions d’euros. Actuellement, le groupe travaille à construire des positions intéressantes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, précise le dirigeant, qui voit en cette catégorie de produits « une machine extraordinaire» de croissance à travers le monde.
Les boissons ne sont pas en reste, qui ont connu une croissance organique de 9,9 % l’an passé et affichent la marge opérationnelle la plus élevée à 15,1 % contre 13,7 % pour les produits laitiers. En Asie, l’eau Robust voit ses ventes bondir de 50 à 60 % actuellement, se félicite le dirigeant. En France, grâce à sa communication télévisée, Evian a installé la proximité avec le consommateur, et a vu évoluer sa part de marché, « une chance» alors que Coca-Cola s’apprête à se lancer sur le marché. Pour Franck Riboud, cette arrivée, comme la commercialisation par Neptune (groupe Castel) d’une nouvelle eau, contribueront à créer « une émulation collective ». « Tout le monde se réveille sur ce marché », ajoute-t-il, espérant de ces mouvements « un peu de fun» en 2004.
Panne de croissance dans les biscuits
La situation du pôle biscuits prête moins à sourire. Les ventes ont quasiment stagné (+ 0,4 %) en 2003 pour cause de « panne de croissance en Europe », explique Emmanuel Faber. Et de rappeler que le groupe s’était, en septembre dernier, accordé douze mois « pour retrouver une croissance rentable ». Le repli des ventes de 2 % au quatrième trimestre ne constituait donc pas une surprise, et la tendance devrait encore se poursuivre au premier semestre 2004, avertit le dirigeant, qui escompte un retournement dans la seconde partie de l’année. Interrogé sur l’éventualité d’une cession de l’activité, dont la marge opérationnelle (9,1 % en 2003 contre 9,8 % un an plus tôt) est bien loin des niveaux atteints par les deux autres métiers, Franck Riboud garde toutes les options ouvertes.
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Après la restructuration entamée il y a trois ans, les usines fonctionnent à 55 % de leur capacité en moyenne, soit 15 à 20 points de plus que précédemment, et certaines lignes spécialisées atteignent un taux de 80 à 85 %. Il ne convient pas de mener une réflexion globale sur le pôle, celle-ci doit se faire pays par pays, fait valoir le p.-d.g. Et d’observer au passage que le groupe enregistre une forte croissance en Chine, où il a repris le leadership à Nabisco, mais aussi en Inde et en Indonésie. « Nous n’avons pas de nécessité à être le leader mondial des biscuits», insiste Franck Riboud, qui garde donc toutes les solutions à sa disposition.
Au rendez-vous des résultats
En dépit de l’absence attendue de croissance pour les biscuits au premier semestre, le groupe Danone table sur une nouvelle progression de 5 à 7 % de son chiffre d’affaires en 2004. A propos de la marge opérationnelle, il se fixe pour objectif le haut de sa fourchette habituelle de 20 à 40 points de base. Questionné sur les discussions que d’aucuns lui prêtent avec Peter Brabeck, patron de Nestlé et administrateur comme lui du groupe L’Oréal, et ce, alors que la rumeur sur une possible OPA enfle, Franck Riboud dit laconique n’avoir « jamais parlé de cela » avec Peter Brabeck. Et comme pour enfoncer le clou, il confie, dans un entretien au Monde : « Je n’ai pas reçu d’offre, mais je ne nie pas que la menace existe…Ma défense, c’est d’abord d’être au rendez-vous de mes résultats pour satisfaire mes actionnaires ».
Le groupe s’est accordé en septembre dernier douze mois pour retrouver une croissance rentable dans les biscuits