Parmi les points prioritaires qu’examine le groupe de haut niveau sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire de l’UE figurent notamment les questions relatives à la compétitivité, aux besoins en matière d’innovation et de recherche-développement et le soutien durable aux petites et moyennes entreprises (PME). Dans le cadre de ses travaux, la section « structure de la chaîne alimentaire » de ce groupe pointe et préconise des solutions en particulier en ce qui concerne l’accès des PME aux financements et à l’innovation technologique.
Sur le plan du financement, le groupe de haut niveau note que les PME ont des difficultés à accéder à différents instruments financiers et à des capitaux nécessaires pour leur développement. En outre, les PME sont souvent dans l’obligation de prendre des décisions rapides et doivent donc faire face aux risques d’instabilité des prix. Par conséquent, le groupe de haut niveau considère que les PME doivent bénéficier d’un soutien financier accru et que de ce fait des modifications dans la politique budgétaire et la fiscalité doivent être opérées par les autorités publiques.
En parallèle, les PME font face à divers obstacles dans leurs efforts d’innovation vu le peu de ressources consacré à leur secteur R & D. Le groupe de haut niveau préconise donc de favoriser l’accès des PME à la connaissance, à l’information et à la technologie. Les membres du groupe conviennent à l’unanimité de prévoir « systématiquement un soutien financier destiné à tous les stades du développement des PME ».
Les PME font face également au problème des marques des distributeurs. Les détaillants ont tendance à promouvoir des produits sous leurs propres marques, sans indiquer l’identité véritable du producteur du produit. Cette façon de faire préoccupe fort les PME dans la mesure où, d’une part, elle entraîne une baisse de valeur pour les fournisseurs (devenus plus facilement remplaçables) et où, d’autre part, les consommateurs ne sont pas en mesure de choisir entre les différents producteurs faute d’information adéquate. Le groupe propose par conséquent que les règles de l’UE imposent l’obligation d’indiquer l’identité du producteur d’une manière visible pour le consommateur.
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Mieux transférer
La majorité des membres du groupe de haut niveau expriment leur préoccupation au sujet du transfert des résultats de la recherche et des technologies innovantes pour les différentes sociétés opérant dans le secteur de l’alimentation. Ils soulignent que les entreprises, les PME en tête, ne possèdent pas toujours de moyens financiers et de ressources humaines propres à créer une collaboration directe avec les universités et d’autres centres de recherche. Pour remédier à cette situation, le groupe préconise la mise en place de «médiateurs techno-scientifiques » afin de créer et de renforcer les liens entre l’industrie et les chercheurs et de mettre en œuvre plus efficacement les technologies de l’innovation. Dans le même temps, des « clusters » pourraient être créés et des lignes directrices pour le transfert de technologie encouragées. En outre, le groupe propose de créer une Communauté d’innovation des connaissances pour le secteur alimentaire au sein de l’Institut européen de technologie, et une Initiative conjointe technologique conjointe en vue d’améliorer le partenariat public-privé et de promouvoir un haut niveau d’éducation dans le domaine alimentaire.
Des besoins spécifiques aux PME
Beaucoup de membres du groupe de haut niveau notent que les PME ont une capacité limitée pour faire face à l’incertitude et aux risques liés à l’innovation, ainsi qu’à la recherche-développement (aversion au risque). D’un autre côté, les consommateurs doivent également prendre le temps de se familiariser avec les produits innovants. Pour cette raison, les PME évitent de s’impliquer dans des procédures novatrices, ce qui, selon le groupe, fait obstacle à des investissements dans le domaine des nouvelles technologies. Il faudrait donc accroître le soutien financier aux PME pour les aider à financer la recherche et l’innovation et promouvoir des réductions d’impôts pour les investissements dans la recherche et développer enfin des parcs d’activités techno-scientifiques pouvant aider au montage d’opérations de « spin-off » Filiale dédiée à une activité nouvelle pour permettre son décollage plus rapide, hors des contraintes d’organisation de la maison mère..
Un certain nombre de participants du groupe de haut niveau soulèvent par ailleurs les problèmes de retards dans les procédures réglementaires pour l’autorisation de mise sur le marché de produits nouveaux. Ces procédures ne seraient pas, selon eux, « prévisibles, trop complexes, en particulier pour les PME ».