Abonné

Le groupe Even a investi encore 20 M€ en 2019

- - 5 min

Le groupe coopératif laitier breton Even, affiche une bonne résistance et poursuit ses investissements dans l’innovation, l’internationalisation et la modernisation de ses équipements. Il a déjà investi 400 M€ ces dix dernières années. 

Le groupe coopératif laitier breton Even, affiche une bonne résistance et poursuit ses investissements dans l’innovation, l’internationalisation et la modernisation de ses équipements. Il a déjà investi 400 M€ ces dix dernières années. 

Le groupe coopératif agroalimentaire Even a annoncé ses résultats annuels mercredi 3 avril à Ploudaniel dans le Nord-Finistère. Avec un chiffre d’affaires stable à 2,2 Mrd€ en 2018, le groupe s’enorgueillit d’avoir investi 400 M€ durant les dix dernières années, notamment dans des outils high-tech comme l’unité de fabrication de poudres de lait infantile et premium à Créhen. En 2018, ce sont encore 74 M€ qui ont été injectés, dont 50 M€ rien que dans l’activité lait. « Nous sommes sortis de la crise laitière, nous avons un regard plus serein sur 2019 », assure Christian Couilleau, le directeur général. En 2019, deux nouveaux chantiers sont en cours : la modernisation de l’unité de production la Fromagerie de l’Iroise afin de doter le site d’un nouvel ensemble à haut niveau de robotisation pour élargir l’offre de fromages élaborés autour de l’emmental. L’extension du site porte sur 6 000 m2 et sera opérationnelle à l’automne. Montant du chantier : 25 M€ (dont 15 M€ déjà réalisés en 2018). La capacité de production ne sera pas augmentée. « Nous étions passés de 29 000 tonnes à 36 000 tonnes de pâtes pressées par an en 2015 », complète Christian Grinier, DRH et directeur de Laïta. « Le chantier porte davantage sur la valorisation et l’automatisation du process de production. » Un second projet concerne la création d’un nouvel atelier chez Even Santé Industrie en vue d’augmenter les capacités de fabrication et de conditionnement des produits de nutrition clinique et infantile présentées en flacon. Ce projet nécessite une nouvelle enveloppe de 22 M€ (dont 12 M€ ont été investis en 2018). Le site sera opérationnel en 2020.

Innover pour rester compétitif

Pour assurer la compétitivité de ces investissements dans le lait, Even regarde aussi vers l’avenir et les nouvelles tendances de consommation. « Notre métier a changé ces dix dernières années et il nous faut nous adapter toujours aux nouveaux usages. Nous collectons certes moins de lait qu’avant, mais nous le valorisons davantage », poursuit Christian Couilleau. En effet, Even aborde aujourd’hui les tendances de circuits courts, le bio et le snacking. Sans jamais perdre de vue la nutrition, le métier premier du groupe. « En matière de nutrition infantile, nous faisons partie des dix entreprises au monde qui détiennent l’autorisation d’exporter vers la Chine », indique également Christian Couilleau. Pour envisager ainsi les futurs métiers du groupe, Even a investi dans un fonds, French Food Capital, qui a déjà levé 132 M€ pour accompagner le développement de nouvelles activités. « Nous allons ainsi prendre part dans des start-up pour nous aider à transformer le groupe et à le positionner pour l’avenir », précise le directeur général. D’ailleurs, l’innovation se poursuit également au sein de l’entreprise, avec la mise en place de deux hubs créatifs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Innovation
Suivi
Suivre

La filiale Laïta, qui représente 1,5 milliard de litres de lait collectés en 2018, soit une augmentation de 20 % en dix ans, affiche 40 % de son chiffre d’affaires à l’export. Laïta, avec sa marque phare Paysan Breton, continue d’accélérer à l'international avec l’ouverture de nouvelles collaborations au  Chili, Colombie, Inde et Centre Afrique cette année. L’objectif étant de développer les exportations de 30 % supplémentaires à l’horizon 2025. En France, 50 % du chiffre d’affaires sont réalisés en GMS, notamment avec Paysan Breton et les MDD. 

Inquiétudes autour du Brexit

L’activité lait est très concernée par les conséquences du Brexit. « La Grande-Bretagne importe 1,1 Mrd€ de lait. L’Europe lui fournit 5 Mrd de litres de lait. Pour la France, cela représente 3 % de la collecte », indique Guy Le Bars, président du groupe Even. Par ailleurs, le groupe exporte également ses fromages sur le sol britannique : 5 000 tonnes de pâtes molles par an. « Avec le scénario d’un No Deal, le Brexit va avoir pour conséquence d’augmenter le prix des produits aux consommateurs par les effets directs de l’augmentation des droits de douanes. Il y a un autre problème : 40 % du flux laitier de France vers le Royaume-Uni concernent les yaourts. » Sur le sol britannique, le marché du lait a déjà perdu beaucoup en valeur, du fait de la dépréciation de la livre, au lendemain du vote en faveur du Brexit en 2016. « S’il y a No Deal, cela peut avoir un impact négatif sur des clignotants qui pourtant sont aujourd’hui au vert », complète Guy Le Bars. Des inquiétudes pèsent aussi sur l’usine Even située dans le Somerset qui emploie 80 personnes. « Si l’on compare avec l’embargo russe, où il y a eu un arrêt des exportations, la Grande-Bretagne pèse pour 2,5 fois en volume et 3 fois en valeur ce qu’importait la Russie. »