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Pâtisserie/Traiteur/Produits de la mer/Stratégie Le groupe Roullier veut développer son pôle agroalimentaire

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Le groupe Roullier tisse sa toile dans l’agroalimentaire. Le groupe breton qui réalise toujours 60 à 70 % de son activité dans l’agrofourniture souhaite en effet poursuivre sa diversification et équilibrer ses activités. Pour l’agroalimentaire, il peut s’agir de se renforcer sur les métiers existants, avec le rachat récent de la Financière Epicentre (Colibri et Cadiou), de se développer à l’export, et pourquoi pas, d’envisager des développements sur de nouveaux métiers.

Sur les 1,5 Md EUR de chiffre d’affaires du groupe Roullier, 14 % sont réalisés avec des activités agroalimentaires, soit environ 200 M EUR. Une part qui devrait croître pour favoriser l’équilibre entre les différents métiers : pâtisserie industrielle, charcuterie industrielle, produits de la mer. « Le groupe est volontairement diversifié et l’agroalimentaire a vocation à devenir une part significative de l’activité », résume Sébastien Floc’h, directeur des activités agroalimentaires.

Reprise de Colibri et Cadiou
L’activité pâtisserie, Pâtisseries Gourmandes, connue pour la marque Kercadélac (un tiers de l’activité), s’est ainsi récemment renforcée avec la reprise de Colibri, à Pons (17) et Cadiou, à Derval (44). Ces deux entreprises qui appartenaient à Philippe Darves annoncent un chiffre d’affaires de 30 M EUR pour 133 salariés. Comme les sites de Pâtisseries Gourmandes, elles sont spécialisées sur les biscuits à pâte jaune (madeleines, quatre-quarts…). Elles viennent renforcer les quatre sites de production de Roullier (Loudéac, Saint-Tugdual, Tourc’h et Carhaix). « Nos sites de production étaient saturés, et, avec cette acquisition, nous gagnons en capacité, explique Sébastien Floc’h. Nous étions sur une production proche de 40 000 t et nous allons passer à plus de 50 000 t. » Le nouvel ensemble pèse 110 M EUR de chiffre d’affaires et emploie 500 personnes. « Nous ne trancherons pas dans les effectifs, mais il y aura un arbitrage sur certaines fonctions qui entrent en doublon. En matière d’organisation industrielle, la réflexion est en cours pour voir si nous organisons une spécialisation des sites. » A terme, le groupe Roullier veut s’imposer parmi les trois leaders du marché de la pâtisserie et donc jouer dans la même cour que LU ou Saint Michel Bonne Maman.

4 M EUR investis dans la charcuterie
La charcuterie, portée par la filiale Charcuteries Gourmandes, pèse 40 M EUR de chiffre d’affaires pour une production de 10 000 t par an et emploie 200 personnes. Elle dispose d’un site de production en Bretagne, à Josselin et d’un site en Touraine.
« Nous produisons du jambon sous MDD et des spécialités pâtissières. Le marché du jambon sous MDD est très bataillé, et nous sommes un petit acteur. Alors nous misons sur notre souplesse », explique Sébastien Floc’h. 4 M EUR sont investis sur le site de Josselin sur une période de trois ans, qui s’achèvera l’an prochain, pour optimiser la production de jambon MDD et également poursuivre la diversification sur de nouveaux formats, comme le jambon pour les sandwicheries. Concernant la charcuterie pâtissière (30 % de l’activité), vendue en frais emballé, le groupe Roullier veut relancer la marque Grand Vallée, « qui dispose d’un fort potentiel régional », précise Sébastien Floc’h. Avant d’envisager d’autres développements, le dirigeant veut « retrouver des niveaux de marge plus satisfaisants ».

Halieutis double ses capacités de production
Comme la charcuterie, l’activité produits de la mer, portée par Halieutis à Lorient (56), pèse environ 40 M EUR. Halieutis, qui produit notamment du poisson pané pour la restauration collective, emploie 113 personnes. « Sur cette activité, qui produit plus de 8 000 t par an, nous visons une croissance proche de 10 % par an, explique Sébastien Floc’h. Nous investissons d’ailleurs près de 3 M EUR sur 2010-2011 pour doubler la capacité de production. » (1)

Quels autres relais de croissance ?
Roullier ne se contentera peut-être pas d’investir dans ces trois métiers. « Nous réfléchissons à d’autres orientations que nous pourrions donner au développement, confie Sébastien Floc’h. Nous réfléchissons à l’éventualité du renforcement de l’activité des ingrédients marins. Elle est déjà représentée dans le groupe, avec des produits pour la cosmétique et l’aquaculture. Il y a aussi des produits pour l’alimentation humaine, mais ce n’est pas significatif. Nous pourrions avoir vocation à renforcer ce pôle, qui pèse moins de 20 M EUR de chiffre d’affaires. » Autre axe de réflexion, le développement à l’international, qu’il s’agisse d’exportations ou d’acquisitions. Si 5 % de CA de la pâtisserie est réalisé à l’export, ces produits, tout comme ceux de la charcuterie, ne s’exportent pas nécessairement bien, du fait de recettes très nationales voire régionales. « Le groupe réalise plus de la moitié de son activité à l’international, rappelle Sébastien Floc’h. Et il a une véritable expertise des implantations industrielles à l’étranger ». Affaire à suivre.

(1) Cf Agra alimentation n° 2125 du 14 octobre 2010 p.17

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