Le groupe Soufflet, un des leaders des filières céréales-appro est capable d’investir de manière autonome plus de 150 millions par an. C’est ce que son président du directoire, Jean-Michel Soufflet, a annoncé à quelques journalistes le 21 décembre. Objectif : se développer sur ses métiers phares que sont les céréales, la malterie, les services aux agriculteurs et les biotechnologies.
« Les trois actionnaires de Soufflet ne touchent pas de dividendes, les bénéfices sont entièrement réinvestis dans l’entreprise », a déclaré son président Jean-Michel Soufflet. De quoi donner à ce groupe plus que centenaire et n’ayant encore que trois actionnaires, les moyens d’investir de manière importante et autonome : pas moins de 150 millions d’euros par an, annonce Marie-Ange Mathieu, directrice administrative et financière. Voilà pourquoi, en dépit d’une conjoncture difficile pour la filière céréales, le groupe reste serein. Son Ebitda (excédent brut d’exploitation) a progressé de 203 millions d’euros à 210 millions entre les exercices 2014/201 et 2015/2016. Le chiffre d’affaires a baissé entre ces deux exercices (de 4,812 milliards à 4,650 Mrd) ce qui est naturel vu la baisse des prix des céréales. Cette année difficile pour le marché n’a donc pas empêché Soufflet de progresser en rentabilité et de prendre des initiatives.
Accompagner la consommation de bière
Le pôle malterie a ainsi vu l’entreprise faire l’acquisition d’une malterie en Inde, pays où la consommation de bière est en croissance. Avec des perspectives encourageantes, annonce le patron de Soufflet qui évoque le voisin chinois où la consommation de bière est passée de 1,5 litre à 35 litres par habitant et par an en 25 ans. « Nous avons encore d’autres projets de croissance externe dans ce domaine », annonce Jean-Michel Soufflet.
Si le pôle collecte et négoce des céréales a été difficile en France (« on y collectera moins de 5 millions de tonnes contre 13-15 millions en temps normal », annonce l’entreprise), la situation justifie d’autant plus l’expansion de cette activité hors de France ou d’Europe. Soufflet devrait collecter 1,2 million de tonnes en Russie et Roumanie par exemple. L’Europe centrale est d‘ailleurs devenue un pôle majeur de développement de Soufflet avec un tiers de l’activité « agriculture » du groupe.
Davantage de conseil aux agriculteurs
Vis-à-vis des agriculteurs, l’entreprise cherche plus que jamais à développer son service d’approvisionnement (également pour la viticulture dont Soufflet est le premier fournisseur) et de conseil. Une application mobile pour les agriculteurs sera commercialisée en 2017 (un site extranet est déjà à la disposition des agriculteurs), avec notamment pour rôle de mieux gérer l’apport en azote. L’objectif est économique mais aussi environnemental, l’application permettant de mesurer les rendements de l’azote apporté à la plante. Un autre outil devrait également permettre de mesurer certains paramètres liés à la qualité du sol.
Egalement présent dans la filière meunerie panification BVP (Boulangerie viennoiserie pâtisserie), l’entreprise y procède à un gros travail de réorganisation. Un pôle « Bakery » est en construction : il regroupe les équipes de marketing et de recherche destinés à mieux valoriser la filière blé. Des travaux ont commencé sur son site de Corbeil-Essonnes. Soufflet profitera de l’apport de savoir-faire venant de Neuhauser, dont l’entreprise a acquis la majorité du capital l’an dernier « et que nous devons remettre dans un état satisfaisant », selon Jean-Michel Soufflet.
Plus de valeur ajoutée
L’objectif est de rechercher toujours plus de valeur ajoutée, explique Jean-Michel Soufflet. D’autant que, selon lui, la boulangerie artisanale est de nouveau à la veille d’une restructuration majeure, avec certaines chaînes qui sont sur le point de se développer par des magasins franchisés. « Certains n’ont pas encore enclenché la franchise mais devraient le faire », explique le patron de l’entreprise. Côté meunerie, la part de farines sous charte de production se développe et représentait en 2015 plus de 25 % des farines commercialisées.
Autre domaine de développement, la création de Soufflet biotechnologies, producteur d’enzymes industriels sur la base de Lyven, une société acquise en 2003. L’objectif est notamment de devenir leader sur le marché des enzymes à destination de l’œnologie et des jus de fruits. Les métiers de l’entreprise vont loin vers l’aval puisque l’enseigne de restaurants Pomme de pain a été acquise avec l’achat de Neuhauser et se développe.
L’Europe centrale est devenue un pôle majeur de développement
Soufflet agriculture en chiffres
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(Branche agriculture du groupe/exercice 2015/2016)
CA : 1,732 Mrd €
Tonnage collecté : 5,53 millions de tonnes
Blé : 2,3 Mt
Orge : 2,2 Mt
Dont 1,2 Mt à l’étranger
Collaborateurs : 1 375
Silos : 174 en France, 12 à l’étranger
Stations de semences : 7
Négoce, origine France : 5,5 Mt.
Effectifs en négoce : 116 personnes
Silos portuaires : 4