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Champagne-Hôtellerie/Cession Le groupe Taittinger passe sous pavillon américain

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La firme d’investissement Starwood Capital a coiffé tous ses rivaux sur le poteau pour la reprise du groupe Taittinger et de la Société du Louvre. La revente de l’activité champagne, déjà programmée, se ferait en accord voire avec l’intervention de la famille fondatrice.

La société d’investissement Starwood Capital a annoncé avoir signé un accord en vue d’acquérir la majorité du capital de Groupe Taittinger et de la Société du Louvre. L’opération, qui sera suivie à plus ou moins court terme d’une revente des champagnes, est conclue avec la famille Taittinger, avec la CNP d’Albert Frère et la holding de la famille Peugeot, et valorise l’ensemble à 2,6 milliards d’euros.

Le groupe Taittinger, qui totalise un chiffre d’affaires de 843 millions d’euros, dont 70% réalisés dans l’hôtellerie, passe ainsi sous la coupe d’un groupe pesant plus de 15 milliards de dollars dans ce secteur.

Ce prix offert par le fonds américain a permis à Starwood de faire la différence avec les autres fonds candidats à la reprise (Wendel-Carlyle, Eurazeo allié à Goldman Sachs et Colony, ainsi que PAI-Blackstone). Et d’arracher particulièrement vite l’assentiment des actionnaires, en particulier de CNP qui avoue avoir engrangé une plus-value de 270 à 290 M EUR.

La famille participerait à la reprise de l’activité champagne

Le groupe américain Starwood étant un acteur majeur de l’hôtellerie, son intention est de recéder, dans un délai de six mois à un an, l’activité champagne du groupe. Son président Barry Sternlicht s’est engagé à consulter la famille sur le choix de l’acquéreur alors qu’une partie de ses membres, dont Anne-Claire Taittinger, qui préside le directoire du groupe et souhaite participer à la reprise des champagnes.

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Pour le reste, le propriétaire des marques Sheraton, Westin ou Le Méridien, entend développer l’ensemble de l’hôtellerie de la Société du Louvre (le Crillon, le Lutétia,…) mais aussi l’hôtellerie économique comme Première Classe ou Campanile sur laquelle le groupe français occupe le deuxième rang européen derrière Accor. Une inconnue subsiste en revanche concernant l’avenir de Baccarat et d’Annick Goutal.

Surenchères prévisibles

Après un tel accord, tous les regards se tournent maintenant vers l’ensemble cham-pagne et vins du groupe Taittinger, pour lequel Anne-Claire Taittinger indique vouloir « tout faire pour qu’il reste français et familial ». D’ores et déjà, la revente envisagée de cette activité suscite de nombreuses candidatures, en plus de celle de membres de la famille. Parmi les acquéreurs les plus en vue, figurent le Crédit agricole du Nord-Est, en partenariat avec Eurazeo, mais aussi Pernod Ricard qui pourrait dégager des synergies avec les marques Mumm et Perrier-Jouët qu’il vient de reprendre en s’offrant Allied Domecq, ou bien Roederer, une des dernières maisons de champagne indépendante et demeurée très haut de gamme.

D’autres candidats sont attendus, comme les américains Constellation Brands et Fortune Brands, mais aussi LVMH.

Y aura-t-il alors surenchère, ce qui ne serait pas sans incidence sur le prix du sixième producteur de champagne, à un moment où le secteur est déjà en effervescence avec la perspective d’une vente de Lanson par la famille Mora et la Caisse d’Epargne ? Les activités viticoles de Taittinger, qui représentent un chiffre d’affaires de 104,4 M EUR et comprennent, outre les champagnes (dont 280 hectares de vignes et 6 années de stocks), des vins californiens (Domaines Carneros et Champcal Estates)et des négociants en vin du Val de Loire (Bouvet Ladubay et Chapin Landais) et du Bordelais (Samazeuilh), pourraient dans ce cas être valorisées entre 500 et 700 M EUR. Mais le vendeur lui-même a qualifié ce dernier chiffre de « largement excessif », son « objectif » étant que « la vente du champagne couvre la partie du prix d’achat du Groupe Taittinger qui sera financée sur fonds propres ».