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Libre-échange Le Japon sur deux fronts

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Le Japon mène de front actuellement la négociation de deux accords de libre-échange : avec l'UE d'une part, dans le cadre du Partenariat trans-Pacifique, sous la houlette des États-Unis, d'autre part. Il reste néanmoins très réservé sur l'ouverture de son marché, dans le secteur agricole et agroalimentaire notamment.

SUCRE, riz, blé et produits à base de céréales, produits laitiers, bœuf et porc : tels sont les secteurs pour lesquels le Japon rechigne le plus à ouvrir son marché dans le cadre des deux négociations de libre-échange qu'il mène actuellement, d'une part avec l'UE, d'autre part avec une douzaine de pays impliqués dans le Partenariat trans-Pacifique (TPP), dont les États-Unis, l'Australie, le Canada, le Chili ou encore la Malaisie (1).

Parallèlement, le Japon a conclu récemment avec l'Australie un accord bilatéral prévoyant une baisse graduelle de ses droits de douane sur la la viande bovine en provenance de ce partenaire, mais à un rythme très prudent sur... 18 ans.

Le 24 avril, à l'issue d'un sommet à Tokyo, les dirigeants américain et japonais ont reconnu avoir échoué à boucler un compromis dans le cadre du TPP. « Les ministres vont poursuivre les négociations », a déclaré le chef du gouvernement japonais, Shinzo Abe, lors d'une conférence de presse conjointe avec son invité Barack Obama.

Premier échange d'offres d'accès au marché avec l'UE

L'UE décidera en mai de poursuivre ou de suspendre les discussions commerciales avec le Japon au vu des progrès réalisés par ce pays depuis un an, en ce qui concerne surtout les barrières non tarifaires qui cadenassent de nombreux secteurs, comme celui des produits alimentaires, des additifs alimentaires en particulier.

Les deux parties ont tenu début avril une 5e session de négociations au cours de laquelle elles ont procédé à un premier échange global d'offres d'accès au marché.

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Elles n'ont pas inclus à ce stade les questions les plus sensibles, à savoir l'élimination complète réclamée par Tokyo des droits de douanes européens sur les voitures japonaises et l'accès plus large au marché agricole japonais demandé par Bruxelles.

Le secteur agroalimentaire européen serait parmi les grands gagnants

Les produits alimentaires et les boissons de l'UE seraient parmi les grands gagnants d'un accord de libre-échange avec le Japon, qui est un importateur net et protège ses producteurs avec des droits de douane très élevés pouvant atteindre 500 % dans certains cas (riz, haricots, noix, pois, lentilles). Le secteur a exporté vers ce pays pour un total de 5,088 milliards € en 2013 (viande porcine 17 % du total, vins 15 %, gluten et amidon, préparations de fruits et légumes et produits laitiers 4 % chacun), les importations européennes atteignant 177 millions € (extraits de café, soupes et sauces 22 %, autres produits végétaux 14 %). Un accord de libre-échange « ambitieux » pourrait permettre une augmentation pouvant atteindre 200 % des exportations de produits agricoles transformés de l'UE vers le Japon si, à la fois, les droits de douane et les mesures non tarifaires étaient abolis, avaient fait valoir fin 2013 les organisations représentant la chaîne agroalimentaire européenne (Copa-Cogeca, FoodDrinkEurope, Celcaa), se référant à une étude d'impact réalisée en 2012 par la Commission de Bruxelles (2).

(1) Voir n° 3427 du 23/12/13

(2) Voir n° 3423 du 25/11/13